Revue de presse du 17 janvier 2019

Revue de presse








Études & Résultats, nº 1098, 17 janvier 2019Cette étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques a été réalisée à partir des résultats 2016 de son Baromètre d’opinion sur la santé, les inégalités et la protection sociale – une enquête de suivi existant depuis 2000.

Le congé de maternité dans sa forme actuelle a été instauré en 1980. Le congé de paternité l’a été en 2002 : facultatif, sa durée maximale est de onze jours (dix-huit en cas de naissances multiples). Selon le Baromètre, 60 % des personnes interrogées estiment que la durée de ces congés est suffisante. 38 % affirment cependant que la durée du congé de paternité est trop courte, et 33 % pensent de même pour le congé de maternité. 63 % des jeunes de dix-huit à vingt-quatre ans souhaitent un allongement du congé de paternité – deux fois plus que pour le congé de maternité.

La plupart des parents de jeunes enfants souhaitent un allongement du congé de paternité et près de la moitié juge aussi que le congé de maternité est trop court. Le souhait d’une augmentation de la durée du congé de paternité coïncide avec une implication plus importante du père dans les tâches familiales et une vision moins différenciée du rôle des femmes et des hommes dans la famille.

Sept personnes interrogées sur dix pensent que le congé de paternité doit rester facultatif. Un tiers des moins de trente-cinq ans veulent que ce congé soit obligatoire, ainsi qu’un quart des cinquante ans ou plus.

La quasi-totalité des mères au chômage ou en emploi prennent leur congé de maternité ; sept pères éligibles sur dix avaient eu recours à leur congé de paternité en 2013. Le recours à ce congé est plus fréquent dans les familles où les rôles des femmes et des hommes sont les moins différenciés. Ce sont les pères du secteur public qui ont le plus souvent recours au congé de paternité quand les deux parents travaillent ; ils sont aussi les plus impliqués dans les tâches familiales. A contrario, les pères prennent moins souvent leur congé de paternité (quatre sur dix) et s’impliquent moins dans les tâches familiales quand la mère n’a jamais travaillé.

Les parents non salariés sont ceux qui prennent le moins leurs congés de maternité et de paternité. Parmi eux, seuls trois pères sur dix ont pris leur congé de paternité et six mères sur dix leur congé de maternité, en raison notamment du plafond de versement des indemnités journalières. Les chômeurs et les travailleurs indépendants ou ayant un emploi précaire prennent plus rarement leur congé de paternité que les pères salariés bénéficiant d’un emploi stable.


1er état des lieux du sexisme en FranceLe Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes a publié aujourd’hui son premier état des lieux sur le sexisme en France. Une nouvelle édition sera réalisée chaque année, conformément à la mission confiée à cette institution féministe par la loi nº 2017-86 du 27 janvier 2017 relative à l’égalité et à la citoyenneté.

Dès la quatrième page de son rapport, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes précise qu’il exclut de son propos la moitié de l’humanité, en définissant le sexisme ainsi :

« Une définition – Selon le Haut Conseil à l’Égalité, le sexisme est une idéologie qui repose sur le postulat de l’infériorité des femmes par rapport aux hommes, d’une part, et d’autre part, est un ensemble de manifestations, des plus anodines en apparence (remarques,…) au plus graves (viols, meurtres,…). Ces manifestations ont pour objet de délégitimer, stigmatiser, humilier ou violenter les femmes et ont des effets sur elles (estime de soi, santé psychique et physique et modification des comportements). »

Par définition, il ne peut donc y avoir de sexisme à l’encontre des êtres humains de sexe masculin, si tant est qu’il s’agisse encore d’êtres humains… Ce point étant tenu pour acquis, le sexisme revêt une multitude de formes contre lesquelles il faut lutter, et dont certaines ont un caractère criminel :

  • atteintes à l’autonomie par l’absence de partage de la charge domestique, l’assignation à la maternité, l’entrave à l’avortement ;
  • atteintes à l’intégrité corporelle (blessures, coups, viols, etc.) ;
  • discriminations dans l’accès à l’embauche ou à un bien ;
  • propos ou représentations stéréotypés, par exemple dans la publicité ;
  • sur-occupation de l’espace dans la rue, en politique.

Ces comportements sexistes seraient fréquents : 1,2 million de femmes auraient subi des injures sexistes en 2017, soit près d’une femme sur vingt. Bien que passibles d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende, 3 % seulement de ces injures feraient l’objet d’une plainte et quatre condamnations seulement auraient été prononcées en 2017.

Les conséquences du sexisme seraient multiples sur les femmes : il produirait autocensure, dévalorisation et troubles physiques, et les conduirait à employer des stratégies d’évitement et à modifier leurs comportements.

Le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes préconise le lancement d’un plan national de lutte autour de cinq axes prioritaires, regroupant vingt-cinq recommandations :

  • mieux mesurer le sexisme : mettre en place une enquête d’opinion annuelle, rapprocher les données des ministères de l’intérieur et de la justice ;
  • mieux le comprendre : construire un musée national des droits des femmes, former les personnels exerçant des missions de service public, mener des campagnes de sensibilisation ;
  • mieux le condamner : renforcer la lutte contre les injures sexistes en lançant des campagnes rappelant l’interdit et les peines associées ;
  • accompagner les victimes : reconstruire le lien de confiance entre les victimes de sexisme et les forces de justice et de sécurité ;
  • garantir une action publique exempte de tout sexisme et assumant un discours d’égalité porté au plus haut niveau de l’État.

  • Cordier (Solène), « Le Haut Conseil à l’égalité dénonce l’omniprésence du “sexisme du quotidien” », Le Monde, nº 23023, 18 janvier 2019, p. 13.

  • Errera (Eglal), « La défaite des pères », Le Monde des Livres, nº 23023, 18 janvier 2019, p. 6.

Le Monde des Livres, nº 23023, 18 janvier 2019, p. 6



  • Lacroix (François), « Ils réclament l’équité parentale », Courrier de l’Ouest, 17 janvier 2019.

Courrier de l’Ouest, 17/01/2019


Sébastien Laporte


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