Revue de presse du 15 janvier 2019

Revue de presse





Insee Première, nº 1730, 15 janvier 2019Selon le dernier bilan démographique de l’Institut national de la statistique et des études économiques publié aujourd’hui, la France comptait 66 993 000 habitants au 1er janvier dernier, soit une hausse de 0,3 % par rapport à 2017. Comme les années précédentes, cette progression est principalement due au solde naturel (différence entre les nombres de naissances et de décès), qui s’établit à + 144 000 personnes – c’est le plus faible solde naturel depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le solde migratoire a par ailleurs été évalué à + 58 000 personnes.

Si la population française a donc continué d’augmenter, le rythme des naissances a par contre baissé pour la quatrième année consécutive : « En 2018, 758 000 bébés sont nés en France, soit 12 000 de moins qu’en 2017 » (et 60 000 de moins qu’en 2014). Passé sous la barre des deux enfants par femme en 2015 (1,96), l’indicateur conjoncturel de fécondité a de nouveau baissé en 2018, pour la quatrième année consécutive aussi, s’établissant à 1,87 enfant par femme – toutefois, la baisse ralentit puisque l’indicateur a retrouvé son niveau de 2002.

« La baisse des naissances est en partie due à la diminution du nombre de femmes aux âges où elles sont les plus fécondes (de 20 à 40 ans), et cela depuis le milieu des années 1990 : elles sont 8,4 millions en 2018, contre 8,8 millions en 2008 et 9,1 millions en 1998 […]. Leur fécondité diminue aussi, et reste en 2018 le principal facteur expliquant la diminution du nombre des naissances. »

Cette baisse de la fécondité s’explique également par l’allongement de l’âge moyen des femmes ayant un enfant (30,6 ans en 2018), dû à l’allongement de la durée des études, à des changements de mentalité chez les jeunes générations, à la progression de l’emploi féminin et au souhait croissant des couples de n’avoir des enfants qu’une fois « installés dans la vie », avec des diplômes, un emploi, un logement et une vie de couple stables. Toutes choses égales par ailleurs, la France restait encore le pays le plus fécond de l’Union européenne en 2016.

Le nombre de décès a encore augmenté en 2018, s’établissant à 614 000, soit 8 000 de plus qu’en 2017. Ce nombre élevé s’explique par l’arrivée des générations nombreuses du baby boom à des âges de forte mortalité, l’épidémie de grippe hivernale qui a accru le taux de mortalité des personnes âgées, et la canicule de l’été 2018 qui a eu un léger impact sur la mortalité des personnes de 65 à 74 ans.

L’espérance de vie à la naissance s’établit à 85,3 ans pour les femmes et 79,4 ans pour les hommes. L’espérance de vie des femmes avait reculé en 2017 et elles n’ont pas encore retrouvé l’espérance de vie qu’elles avaient en 2014 (85,4 ans). La France est cependant l’un des pays européens où les femmes vivent le plus longtemps, alors qu’elle n’est qu’en neuvième position pour les hommes… Les personnes âgées de soixante-cinq ans ou plus représentaient 20 % de la population au 1er janvier dernier (19,7 % au 1er janvier 2018).

Enfin, 235 000 mariages ont été célébrés en 2018, dont 6 000 entre personnes de même sexe. Pour les mariages entre personnes hétérosexuelles, les femmes se marient en moyenne à 36 ans et les hommes à 38,4 ans. Reparti à la hausse depuis 2011, le nombre de PACS a augmenté pour la sixième année consécutive en 2017, pour atteindre 194 000.


Insee Flash Île-de-France, nº 38, 15 janvier 2019

L’excédent naturel a continué de soutenir la croissance de la population francilienne en 2017. Bien qu’en baisse depuis 2015, son recul est resté plus modéré qu’ailleurs. La jeunesse de la population a limité les décès et soutenu les naissances. L’Île-de-France est la région la plus féconde de France métropolitaine et celle où l’on vit le plus longtemps.


  • Besse Desmoulières (Raphaëlle), Cordier (Solène), « La réforme des retraites corrigera-t-elle les inégalités femmes-hommes ? », Le Monde, nº 23021, 16 janvier 2019, p. 11.

  • Bouanchaud (Cécile), « À 40 ans, je ne pouvais pas attendre », Le Monde, nº 23021, 16 janvier 2019, p. 10.
  • Bouanchaud (Cécile), « Un sentiment de clandestinité », Le Monde, nº 23021, 16 janvier 2019, p. 10.
  • Cordier (Solène), « Bioéthique : un rapport parlementaire audacieux », Le Monde, nº 23021, 16 janvier 2019, p. 10.

  • Cordier (Solène), « Le nombre de naissances poursuit sa baisse », Le Monde, nº 23021, 16 janvier 2019, p. 9.


Un certain nombre de théories récentes en démographie suggèrent une relation en forme de U entre égalité des sexes et fécondité : la fécondité serait élevée dans les sociétés à faible niveau d’égalité des sexes, ainsi que dans les sociétés à haute égalité des sexes, où la fécondité serait inférieure en phase de transition. L’auteur de cette étude a analysé la relation entre l’égalité de genre (telle qu’elle est mise en œuvre par l’autonomisation politique des femmes) et la fécondité au sein des sociétés au fil du temps, en utilisant des informations annuelles sur l’égalité de genre et la fécondité dans trente-cinq pays.

Or, rien n’indique qu’il existe une relation en forme de U entre l’égalité des sexes et la fécondité lorsqu’on examine ainsi les sociétés au fil du temps. Une telle relation peut être observée dans les analyses transversales effectuées à travers les pays sur des périodes récentes. Pour les analyses intra-sociétales, une relation négative est évidente lorsque les niveaux d’égalité des sexes sont moins élevés, alors qu’aucun phénomène ne peut être observé dans les sociétés où l’égalité des sexes est élevée. Les théories selon lesquelles la fécondité augmenterait avec l’égalité croissante des sexes ne sont donc pas étayées par les changements au fil du temps dans les pays.



  • Maruchitch (Raphaëlle), « L’immunité éclairée par des testicules donnés à la science », Le Monde Science & médecine, nº 23021, 16 janvier 2019, p. 2.

  • Pacary (Catherine), « Des enfants de la République maltraités, humiliés, violés », Le Monde, nº 23021, 16 janvier 2019, p. 22.



Insee Flash Île-de-France, nº 37, 15 janvier 2019

À l’inverse des autres métropoles françaises, la croissance démographique de la métropole du Grand Paris a ralenti entre 2011 et 2016 : + 0,3 % par an, contre + 0,6 % entre 2006 et 2011. Paris tire vers le bas cette évolution démographique, du fait d’un fort déficit migratoire. A contrario, la Seine-Saint-Denis et les intercommunalités proches de la métropole, comme Paris-Saclay, renforcent leur croissance démographique. Globalement plus vieillissants, les territoires les plus éloignés de la métropole sont moins dynamiques, avec une population parfois même en baisse.


Rapport d’information nº 1572 fait au nom de la mission d’information sur la révision de la loi relative à la bioéthiqueDernière étape avant la présentation d’un projet de loi de bioéthique en Conseil des ministres, le rapport de la mission d’information parlementaire sur la révision de la loi relative à la bioéthique a été présenté et adopté ce matin. Président de la mission parlementaire, le député Xavier Breton n’a pas voté le texte, mais n’en a pas moins laissé un blanc-seing au rapporteur Jean-Louis Touraine :

« J’ai considéré que, dans ma fonction de président, et malgré mes désaccords sur ces propositions, il ne m’appartenait pas d’intervenir sur leur contenu. » (p. 14)

De son côté, Jean-Louis Touraine précise que son rapport a été rédigé « à l’issue [de] 64 réunions qui l’ont [amené] à entendre pendant environ 90 heures plus de 150 professionnels dans les domaines de la santé, des sciences, du droit, de la philosophie, des courants de pensée et des religions mais également des représentants de très nombreuses associations » (pp. 20-21). Engagé et militant, son travail n’a cependant guère tenu compte de ces consultations : il ne semble pas avoir été très éclairé par les arguments des différents « professionnels » ni n’est représentatif des différents « courants de pensées » auditionnés par la mission. Alors qu’elles pourraient profondément bouleverser la société entière, les soixante propositions du rapport sont issues d’un seul courant de pensée philosophique et politique, et vont toutes à l’encontre des conclusions des états généraux de la bioéthique.

Dans son rapport du 25 octobre dernier, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques était resté prudent à propos de la gestation pour autrui et de la procréation médicalement assistée, estimant qu’il s’agissait de sujets plus « sociétaux » que scientifiques. Les ambitions de Jean-Louis Touraine ne s’embarrassent d’aucune réserve : outre la procréation médicalement assistée pour les couples de femmes et les femmes célibataires, il propose la levée de l’anonymat des donneurs (avec possibilité d’accès aux origines dès dix-huit ans) et de l’interdiction de l’insémination post-mortem. De nouvelles campagnes seraient à prévoir pour solliciter des donneurs afin de faire face aux demandes d’ovocytes et de sperme.

Jean-Louis Touraine ambitionne également de créer un nouveau régime de filiation pour les couples – hétérosexuels ou homosexuels – bénéficiant d’une assistance médicale à la procréation : une « déclaration commune anticipée » de filiation serait rédigée devant notaire avant la procréation médicalement assistée, puis transmise à l’officier de l’état civil au moment de la déclaration de naissance (pp. 83-85). La reconnaissance de la filiation se ferait aussi pour les enfants nés de gestation pour autrui à l’étranger, « au nom de l’intérêt supérieur de l’enfant » : tout en maintenant l’interdiction de la gestation pour autrui en France, Jean-Louis Touraine vise à l’autoriser de facto pour les enfants nés de mère porteuse à l’étranger, puisqu’il préconise l’inscription « automatique » des parents d’intention à l’état civil français (pp. 107-109).

Le chapitre consacré aux « recherches impliquant l’embryon » (pp. 125-156) expose plusieurs arguments ou principes déshumanisants autant qu’utilitaristes, visant la seule satisfaction de certains chercheurs :

  • « l’embryon […] peut servir de “matériau” lorsque, conçu dans le cadre d’une AMP, il ne fait plus l’objet d’un projet parental » (p. 125) ;
  • « la recherche sur l’embryon est motivée notamment par la perspective d’accroître le taux de succès de la procréation dans le cadre d’une assistance médicale » (p. 126) ;
  • « l’embryon n’est pas regardé comme une personne humaine » (ibid.) ;
  • « l’interdiction préalable a dissuadé certains programmes de recherche et certains chercheurs, qui n’ont pas persévéré dans cette voie ou sont allés dans d’autres pays » (p. 136) ;
  • « le maintien de l’attractivité des activités de recherche est sans nul doute un argument déterminant » pour faire évoluer le cadre juridique de la recherche sur les embryons (p. 142) ;
  • « la recherche sur l’embryon est primordiale pour les scientifiques » (p. 144).

Les intérêts du marché et du transhumanisme ainsi exposés sont censés justifier les propositions suivantes :

  • « Autoriser un allongement de la durée de culture de l’embryon sur lequel sont effectuées des recherches » (proposition nº 15, p. 144)
  • « Assouplir le régime juridique de la recherche relative [aux] cellules souches déjà existantes » (proposition nº 16, p. 149)
  • « Autoriser les recherches sur les cellules germinales portant sur les embryons qui ne feront jamais l’objet d’un transfert in utero » (proposition nº 18, p. 153)
  • « Lever l’interdit portant sur la création d’embryons transgéniques afin de favoriser la recherche scientifique » (proposition nº 19, p. 154)

Jean-Louis Touraine recommande également l’extension des examens de diagnostics prénataux (dépistage prénatal non invasif, diagnostic pré-conceptionnel, diagnostic préimplantatoire). Ces propositions visent notamment à détruire les embryons porteurs des trisomies 13, 18, 21, X et Y, selon une logique somme toute assez perverse consistant à supprimer la maladie en supprimant le malade… Les mêmes techniques serviront tôt ou tard à sélectionner des embryons en fonction de la couleur de peau ou des yeux, du sexe, etc.

Le deuxième tome du rapport rassemble les comptes rendus des auditions menées par la mission parlementaire. Tout est à lire, bien sûr, pour prendre connaissance des arguments des un(e)s et des autres. On lira cependant avec une attention particulière les interventions en faveur de la défense de la paternité, ce d’autant qu’elles sont parfois l’occasion de prises de positions incohérentes, voire contradictoires, souvent timorées :

En tout état de cause, on remarque qu’aucune des associations prétendant défendre la « cause des pères » n’aura cherché à se faire entendre dans un débat où l’existence même du père est mise en question…


Insee Première, nº 1729, 15 janvier 2019

Tous les types d’établissements publics de coopération intercommunale ont concouru positivement à l’évolution de la population française entre 2011 et 2016. La croissance démographique s’est renforcée et a atteint en moyenne 0,7 % par an pour les métropoles de province, qui ont toutes attiré davantage de nouveaux habitants qu’entre 2006 et 2011. La population des métropoles de Bordeaux, Lyon, Montpellier, Nantes, Rennes et Toulouse a ainsi crû chaque année de plus de 1 %. A contrario, la population du Grand Paris a beaucoup moins vite augmenté que par le passé.

Jusqu’alors soutenu par l’étalement urbain, le dynamisme démographique des communautés de communes a été divisé par deux (+ 0,4 % par an) et s’est concentré au plus près des métropoles. Le rythme de croissance a nettement fléchi au-delà de trente minutes en voiture de la métropole la plus proche. De plus en plus de communautés de communes localisées loin des métropoles, sur une large bande centrale du territoire, ont perdu de la population. Déficits migratoire et naturel se sont cumulés pour 166 structures intercommunales, soit 3,5 fois plus qu’entre 2006 et 2011.

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