Revue de presse du 19 décembre 2018

Revue de presse


Enquête qualitative sur les modes d’exercice de la coparentalité après une séparation conjugale dans un contexte de recomposition familialeCe rapport dresse le bilan d’une enquête qualitative réalisée de septembre 2017 à mars 2018 par le cabinet ASDO Études pour le compte de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques, sur les modes d’exercice de la coparentalité après une séparation conjugale dans un contexte de recomposition familiale. Il présente l’analyse de soixante-dix entretiens menés auprès de parents séparés, dont l’un au moins vivait dans une nouvelle union au moment de l’enquête. Sont traitées les décisions concernant l’organisation familiale prises au moment de la séparation, la mise en œuvre concrète ultérieure des modalités de prise en charge financière et de résidence des enfants, ainsi que leurs éventuelles évolutions et les facteurs déclenchant celles-ci. Le rapport aborde également la redéfinition des rôles parentaux consécutive à la séparation, en distinguant quatre modèles types de coparentalité pour ces parents séparés.

Voici l’essentiel de la conclusion (pp. 85-86) :

« La durée de vie en couple avant la séparation, l’âge et le nombre d’enfants, le type de profession occupée et le niveau de revenus des parents, le lieu d’habitation, la capacité à mobiliser des relais, etc. forment autant de variables qui influent sur les organisations quotidiennes. […]

« Cette diversité ne doit néanmoins pas masquer les récurrences qui traversent ces organisations et ces histoires familiales. L’étude met d’abord en lumière le poids du milieu social d’appartenance dans les organisations familiales post-séparation. Ainsi, les conditions matérielles d’existence des parents, leurs ressources financières et leur capital socio-culturel déterminent fortement les choix qui sont effectués au moment de la rupture conjugale, mais également la manière dont ces décisions s’éprouveront au quotidien. On sait que les représentations en matière de division sexuée des rôles parentaux varient en fonction du niveau socio-culturel des familles, les classes populaires étant traditionnellement plus attachées à une séparation stricte des fonctions parentales. Mais au-delà de ces facteurs symboliques, les ressources financières et matérielles des familles ont aussi une incidence significative sur l’exercice concret de la coparentalité : possibilités de se reloger et de vivre à proximité, capacité à maîtriser ses horaires de travail et à les adapter aux impératifs domestiques et éducatifs, (in)stabilité résidentielle et professionnelle, etc. En définitive, les trajectoires des familles suite à la séparation sont très différenciées suivant les positions sociales des parents, ceux issus des classes populaires étant davantage exposés à une fragilisation des liens pères-enfants dans les années suivant la rupture. En second lieu, la question des rapports de genre imprègne également très fortement l’ensemble des configurations organisationnelles post-séparation étudiées. Cette division des rôles parentaux se décline bien entendu différemment suivant le milieu considéré : le partage des tâches entre pères et mères est en tendance plus égalitaire dans les milieux les plus aisés. Mais les mères conservent – à des degrés très divers – un rôle central dans la gestion du quotidien des enfants et c’est sur elles que pèse l’essentiel de la charge psychologique qui y est attachée.

« La notion de coparentalité […] se traduit rarement par une répartition égalitaire des tâches de soin et d’éducation entre les parents […]. Alors que pour certains parents, les relations coparentales sont considérées comme une dimension nécessaire au bien-être des enfants après la séparation, pour d’autres elles sont synonymes de contrainte et d’attachement à un ex-conjoint dont on souhaite avant tout se délier. Le paradoxe inhérent au concept même de coparentalité – se séparer mais rester liés – est d’ailleurs à l’origine de pratiques très différentes : communication très soutenue et contacts quasi quotidiens ; séparation nette des espaces parentaux mais liens réguliers et ritualisés ; rupture de communication et monoparentalité éducative ; relations de concurrence et communication réduite a minima. L’établissement de nouvelles frontières relationnelles constitue en ce sens une difficulté récurrente dans l’après séparation, les parents étant sans cesse travaillés par cette injonction paradoxale : maintenir le lien parental tout en aspirant à l’indépendance, garantir un cadre éducatif cohérent tout en respectant l’autorité parentale et la liberté éducative de l’autre. »


À la suite des faits graves qui se sont produits à Créteil en octobre dernier, de nombreux professeurs ont témoigné sur les réseaux sociaux de la réalité de leur quotidien, marqué par les incivilités et la violence, et d’un soutien de l’institution qu’ils estiment insuffisant.

Dans la continuité de ses travaux sur le métier d’enseignant et en vue de l’examen du projet de loi pour l’école de la confiance, la commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat s’est intéressée au phénomène afin d’en tirer toutes les leçons.

Outre une analyse de la mobilisation sur les réseaux sociaux à travers le #PasDeVague, la commission a mené une série d’auditions les 5 et 12 décembre derniers. Elle a ainsi reçu les représentants des syndicats des personnels de direction, Benjamin Moignard (sociologue et spécialiste de la violence en milieu scolaire) et cinq professeurs ayant témoigné sur les réseaux sociaux.

Il en ressort une vision sans concession de la situation : déconsidération à l’égard de l’institution scolaire, impréparation des enseignants à ces phénomènes, absence de véritable formation continue et, paradoxalement, très grande attente vis-à-vis de l’école d’une société en perte de repères.


  • Piel (Simon), « 300 000 euros d’amende pour l’ancien député LR Alain Marsaud », Le Monde, nº 22998, 20 décembre 2018, p. 11.

Le Monde, nº 22998, 20 décembre 2018, p. 11

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