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Approche sexuée de la recherche biomédicale

Journal officiel de la République française, édition « Débats parlementaires – Sénat », nº 34 S (Q), 7 septembre 2017

Pérol-Dumont (Marie-Françoise), Question écrite nº 519 à la ministre des solidarités et de la santé sur l’approche sexuée de la recherche biomédicale (Journal officiel de la République française, édition « Débats parlementaires – Sénat », nº 28 S (Q), 20 juillet 2017, p. 2343).

Marie-Françoise Pérol-Dumont (© D.R.)

Marie-Françoise Pérol-Dumont (© D.R.)

Mme Marie-Françoise Pérol-Dumont attire l’attention de Mme la ministre des solidarités et de la santé sur l’absence de prise en compte du sexe dans la recherche biomédicale et en médecine, et le fait que les médicaments sont moins bien étudiés chez les femmes que chez les hommes.

Dans la plupart des recherches, les animaux mâles sont privilégiés, y compris dans l’étude de la dépression, qui touche pourtant davantage les femmes, ou la douleur physique, également plus sensible chez elles. De même, dans les essais cliniques, les hommes sont choisis de préférence pour éviter d’éventuelles perturbations hormonales dans les résultats. Or, entre les hommes et les femmes, le développement des pathologies ne suit pas nécessairement les mêmes symptômes, fréquence, gravité et mortalité. Certaines maladies comme l’anorexie, l’ostéoporose ou même Alzheimer touchent également plus les femmes que les hommes. Enfin, l’action d’un médicament peut évidemment varier en fonction du sexe.

Pour toutes ces raisons, de nombreux généticiens et chercheurs militent pour une sexualisation des travaux médicaux, mais les changements de politique dans la communauté scientifique semblent limités. Ni les instituts de recherche comme l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) ou l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), ni l’agence de financement de la recherche, n’ont émis de recommandations sur ce point.

Aussi lui demande-t-elle son opinion et quelles seraient les possibilités sur ce sujet.


Agnès Buzyn (© UNAF)

Agnès Buzyn (© UNAF)

Réponse du Ministère des solidarités et de la santé publiée dans le Journal officiel de la République française, édition « Débats parlementaires – Sénat », nº 34 S (Q), 7 septembre 2017, p. 2822.

Le faible taux d’inclusion de femmes dans les essais cliniques s’explique en raison du risque potentiel pour toutes les femmes en période d’activité génitale de méconnaissance d’une grossesse débutante. Cependant, le règlement européen nº 536/2014 portant sur les essais cliniques de médicament à usage humain et abrogeant la directive 2001/20/CE précise que : « Sauf disposition dûment justifiée dans le protocole, les participants à un essai clinique devraient être représentatifs des catégories de populations, par exemple le sexe et le groupe d’âge, susceptibles d’utiliser le médicament faisant l’objet de l’investigation dans le cadre de l’essai clinique. » Ce règlement s’imposera à la France en 2018.


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