Revue de presse du 2 juillet 2021

Revue de presse

  • Égalité parentale, newsletter nº 22, 2 juillet 2021.

In/JusticeLe Conseil national des barreaux a dévoilé aujourd’hui les résultats d’un sondage sur l’injustice réalisé auprès de 1 115 personnes entre le 17 et le 21 juin dernier, dans le cadre de la préparation des propositions qui seront défendues par l’institution représentative des avocats auprès des candidats à la prochaine élection présidentielle.

Le sentiment d’injustice est fort en France : « 71 % des Français estiment que le phénomène des injustices est en augmentation » (p. 2).

32 % des répondants déclarent avoir déjà renoncé à porter plainte, notamment parce qu’ils ont estimé que leur plainte n’aurait pas d’effet (66 %). Ne pas avoir d’avocat ou ne pas savoir comment en solliciter un n’est considéré comme un obstacle au dépôt de plainte que par 13 % des sondés. Ceux-ci reprochent à la justice de ne pas être la même pour tous (48 %), d’être lente (44 %), pas toujours à l’écoute des victimes (34 %), coûteuse (27 %), de ne pas répondre aux attentes des citoyens (17 %), de se tromper (15 %) et d’être difficilement compréhensible (15 %). Ce diagnostic sur les injustices est aussi éloquent qu’inquiétant, puisqu’il fait ressortir que la justice est une abstraction pour beaucoup de Français, tandis que l’injustice est leur réalité quotidienne (p. 12).

La justice est citée par 44 % des sondés comme « la sphère la plus largement associée aux injustices » (p. 17), devant les impôts et taxes, le monde du travail et l’accès au logement. Les sondés font principalement confiance aux médecins (84 %), aux enseignants (73 %) et à la police (64 %) pour réduire les injustices ; les avocats sont cités par 52 % des personnes interrogées, et la justice par seulement 37 %…

Menée en parallèle de réunions de travail sur l’injustice citoyenne, économique et géographique, auxquelles ont notamment participé la Fondation Jean-Jaurès, la Fondation pour l’innovation politique et l’Institut Montaigne, cette étude a été réalisée dans le cadre de la première phase de l’élaboration du projet du Conseil national des barreaux pour la prochaine élection présidentielle. Elle doit permettre à l’institution représentative des avocats de formuler des propositions, qui seront notamment discutées lors d’un forum pour la justice organisé avec les candidats afin de faire de la lutte contre les injustices la grande cause nationale du mandat 2022-2027.



Commentaire de l’article infra de Paula Chatterjee et Rachel M. Werner.


D’après les chouineuses féministes (nos lecteurs voudront bien nous pardonner ce pléonasme), les femmes seraient moins susceptibles d’être promues et d’occuper des postes de direction en médecine universitaire. La fréquence à laquelle les articles universitaires sont cités est une mesure clé de l’impact scientifique et sert l’avancement professionnel ; d’où l’idée de deux chercheuses de l’University of Pennsylvania d’étudier la façon dont sont cités les articles universitaires évalués par des pairs et publiés dans des revues médicales à fort impact, selon qu’ils ont été écrits par des femmes ou des hommes.

Cette étude transversale a porté sur tous les articles de recherche et commentaires originaux publiés dans cinq revues médicales à fort impact (Annals of Internal Medicine, British Medical Journal, Journal of the American Medical Association, Journal of the American Medical Association (Internal Medicine) et The New England Journal of Medicine) de 2015 à 2018. Le sexe des auteurs principaux (primary authors) et/ou responsables (senior authors) de chaque article a été identifié à l’aide d’une base de données en ligne, et le nombre de citations de chaque article a été obtenu à l’aide de Web of Science. Le nombre de citations a ensuite été comparé selon le sexe de l’auteur principal et/ou responsable. Ces données ont été analysées de juillet 2020 à avril 2021.

Parmi les 5 554 articles retenus pour l’étude, 1 975 (35,6 %) avaient été écrits par des femmes en tant qu’auteur principal ; parmi 4 940 articles mentionnant un auteur responsable, 1 273 (25,8 %) avaient été écrits par des femmes en cette qualité. Les articles de recherche originaux écrits par des femmes en tant qu’auteur principal avaient été moins cités que ceux écrits par des hommes en tant qu’auteur principal (36 citations contre 54) et auteur responsable (37 citations contre 51). Les articles écrits par des femmes à la fois en tant qu’auteur principal et auteur responsable avaient été environ moitié moins cités que ceux rédigés par des hommes en cette double qualité (33 citations contre 59). Ces différences de citations se retrouvent pour chaque année de l’étude ; elles moins prononcées pour les articles de commentaires.

Il est possible que ces différences aient des conséquences sur l’avancement, la promotion et la réussite professionnelle des femmes en médecine universitaire, mais cette étude purement quantitative fait évidemment l’impasse sur la facteur le plus décisif en matière de citations, à savoir l’intérêt et la qualité des publications…



  • Pascarel (Carole), Médiateur national de la consommation à la profession d’avocat. Rapport d’activité 2020, Paris, Conseil national des barreaux, 2 juillet 2021.

Médiateur national de la consommation à la profession d’avocatLe médiateur national de la consommation de la profession d’avocat a été mis en place par le Conseil national des barreaux en décembre 2015. Sa mission consiste à assurer à tout client d’un avocat – à condition qu’il soit une personne physique intervenant en dehors de son activité professionnelle – de pouvoir recourir à un tiers compétent, diligent, impartial et indépendant pour tenter de résoudre amiablement un différend portant sur les honoraires dus. Régie par les articles L611-1 et suivants du code de la consommation, la médiation à la consommation constitue une étape facultative préalable à la saisine du bâtonnier en cas de contestation des honoraires de l’avocat par son client.

Au terme de sa première année en tant que médiatrice nationale de la consommation de la profession d’avocat, Carole Pascarel est venue aujourd’hui dresser un bilan de l’année 2020 et présenter son rapport d’activité devant l’assemblée générale du Conseil national des barreaux.

Le nombre de saisines pendant l’année 2020 a augmenté par rapport aux années précédentes : 762 saisines ont été enregistrés en 2020, soit une hausse d’environ 13 % par rapport à 2019. Les deux mois de confinement total et de fermeture des tribunaux en mars-avril 2020 n’ont pas eu d’impact immédiat sur le nombre de saisines, mais il n’en a pas été de même à l’issue du confinement : le nombre de dossiers reçus a alors augmenté de près d’un tiers.

Seules 279 saisines ont été jugées recevables. Parmi ces dernières, 98 demandes d’entrer en médiation ont été acceptées par l’avocat et 58 accords ont été trouvés directement par l’avocat et son client, soit au cours d’une conférence téléphonique en présence de la médiatrice et des parties, soit à la suite d’une négociation assistée par courriels. Sept solutions ont été proposées par la médiatrice. La durée moyenne d’une médiation a été de vingt-huit jours par conversation téléphonique, trente-neuf jours par échange de courriels. Les questions soulevées dans les dossiers recevables concernaient principalement le détail des diligences accomplies (32 %).

Carole Pascarel note que la perception de son travail progresse : « En une année, j’ai pu noter que les avocats comprennent mieux l’intérêt de cette médiation, étape préalable à l’éventuelle saisine du Bâtonnier, non obligatoire, qui n’a pas pour vocation de remplacer la procédure de fixation des honoraires qui seule permet une décision coercitive » (p. 3). Elle estime cependant que « le nombre d’avocats refusant de passer par cette étape de la médiation est encore trop important » (p. 22). Elle préconise donc de mettre en place des formations appropriées au sein des barreaux, ainsi qu’un référent pour informer régulièrement les avocats et lever leurs doutes quant à la pertinence du dispositif. Elle ajoute : « Il pourrait être également utile que la profession d’avocat développe davantage ses services destinés à renseigner les justiciables sur certaines questions qu’ils se posent au moment de la négociation des honoraires, outre divers questionnements sur la conduite de leur procédure. […] Améliorer ce service permettrait de rapprocher le client de la justice par une meilleure compréhension, donc une meilleure acceptation, du coût du travail de l’avocat, et œuvrer vers plus de pédagogie afin d’éviter des tensions entre le client-consommateur et son avocat » (ibid.).



Francesco Arcuri vs Juana Rivas











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