Question sur les violences intrafamiliales dans le Cambrésis

Journal officiel de la République française, édition « Débats parlementaires – Sénat », nº 5 S (Q), 4 février 2021

Lherbier (Brigitte), question orale nº 1498S au ministre des Solidarités et de la Santé sur les violences intrafamiliales dans le Cambrésis [Journal officiel de la République française, édition « Débats parlementaires – Sénat », nº 5 S (Q), 4 février 2021, p. 631].

Brigitte Lherbier (© D.R.)

Brigitte Lherbier (© D.R.)

Mme Brigitte Lherbier attire l’attention de M. le ministre des solidarités et de la santé sur les violences intrafamiliales dans le Cambrésis.

Elle aimerait attirer son attention sur la recrudescence des violences intrafamiliales dans le département du Nord et notamment dans le Cambrésis qui est un des arrondissements les plus touchés de la région des Hauts-de-France.

À la fin de l’année, les acteurs de la commission d’arrondissement de lutte contre les violences intrafamiliales ont dressé un bilan inquiétant pour leur première année d’exercice.

Ils ont observé une hausse de ces violences de 7 à 8 % en un an.

En zone gendarmerie, plus de 1 330 interventions liées aux violences intrafamiliales ont été recensées, ce qui représente une augmentation de 30 % par rapport à l’année 2019.

Ces violences représentent près de 15 % de l’activité interventionnelle de la gendarmerie sur le Cambrésis.

Les femmes sont dans 90 % des cas victimes de ces violences.

Mais, comme il le sait bien, ces violences qui touchent les femmes se répercutent presque systématiquement sur les enfants.

Si le taux d’enfants protégés est de 2 % sur l’ensemble du territoire, il s’élève à 3 % dans le département du Nord, à 4 % dans le Cambrésis et peut atteindre des proportions très inquiétantes dans certaines villes, notamment au Cateau-Cambrésis ou ce taux bondit à 9 %, à Caudry ou à Avesnes-les-Aubert où il s’élève à plus de 8 %.

Les plus grandes villes de l’arrondissement comme Cambrai ne sont pas immunisées contre ce fléau et le taux d’enfants protégé s’y élève à plus de 6 %.

Les acteurs de terrain constatent presque systématiquement que les causes principales de ces violences sur les enfants sont liées à l’alcoolisme de l’auteur.

Ce problème s’est accru lors des confinements et les représentants des associations, des forces de l’ordre et les magistrats alertent régulièrement les pouvoirs publics sur la nécessité de prendre des mesures fermes pour endiguer ce fléau.

Des dispositifs existent pour prévenir la récidive de ces individus violents.

Le juge peut prononcer des injonctions de soins et soumettre l’individu à une cure de désintoxication pour lui permettre de rester libre.

Sur le terrain on constate que les structures existantes sont sous-dotées en agents du service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP).

Elle lui demande s’il a connaissance de recrutements supplémentaires envisagés pour suivre, pour surveiller, pour contraindre ces individus violents à s’éloigner de leurs familles tant qu’ils ne sont pas guéris et désintoxiqués.

Si on ne brise pas ce cycle de violence maintenant, l’avenir des enfants sera compromis.


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