Revue de presse du 23 juin 2020

Revue de presse









  • Bran (Mirel), « Roumanie : interdiction des études de genre », Le Monde, nº 23469, 24 juin 2020, p. 4.






La vitrification est devenue un procédé fondamental de la procréation médicalement assistée ces dernières années. Peu coûteuse, rapide et simple, cette technique consiste à placer brièvement des embryons dans une solution pour les déshydrater. Des cryoprotecteurs sont utilisés au cours du processus afin d’empêcher la formation de cristaux de glace, lesquels pourraient endommager les embryons. Les embryons sont ensuite immédiatement exposés à l’azote liquide pour les congeler rapidement avant d’être stockés. Peu d’études ont cependant exploré l’influence de la période de stockage après vitrification sur les embryon et les résultats cliniques. Des chercheurs chinois du Ninth People’s Hospital de Shanghai ont publié aujourd’hui les résultats d’une étude rétrospective réalisée auprès de 24 698 patientes dont les embryons vitrifiés avaient été transférés pour la première fois entre janvier 2011 et décembre 2017, qui leur a permis d’évaluer l’impact du temps de stockage après vitrification sur la viabilité de l’embryon, la grossesse et la santé néonatale.

Les patientes ont été réparties dans quatre groupes en fonction de la durée de conservation de l’embryon : 11 330 patientes avec une durée de conservation inférieure à trois mois, 9 614 patientes avec une durée de conservation entre trois et six mois, 3 188 patientes avec une durée de conservation entre six et douze mois, 566 patientes avec une durée de conservation entre douze et vingt-quatre mois. En comparant les résultats pour les différents groupes, après ajustement pour tenir compte des facteurs de confusion potentiels, les chercheurs ont constaté que les taux de grossesse et de naissance vivante diminuaient significativement avec l’augmentation de la durée de stockage : le taux de grossesse confirmée par échographie diminue d’une valeur de 56 % pour le premier groupe à 26 % pour le quatrième, tandis que le taux de naissance vivante passe de 47 % dans le premier groupe à 26 % dans le quatrième. Ces résultats ont été confortés par l’analyse d’un sous-groupe de 7 270 patientes de moins de trente-six ans dont la stérilité était due à des trompes de Fallope bouchées ou endommagées, afin d’éviter les biais dus au fait que les troisième et quatrième groupes comportaient une plus grande proportion de patientes âgées ou dont le pronostic était mauvais en raison d’un nombre d’ovules disponibles inférieur à celui des deux premiers groupes.

Aucune relation statistiquement significative n’a par contre été décelée entre durée de stockage, fausse couche et grossesse extra-utérine. Il n’y avait pas non plus de différences entre les groupes quant aux problèmes néonatals (macrosomie, malformations congénitales, naissance prématurée, poids élevé ou faible à la naissance). Cette étude s’étant limitée à un seul centre hospitalier, ses conclusions doivent cependant être vérifiées par d’autres recherches. Les bébés n’ont pas non plus été suivis sur le long terme, de sorte qu’aucune information n’est disponible sur leur croissance et leur développement.

L’utilisation d’embryons stockés longtemps après leur vitrification ne semble donc pas avoir d’effet sur la santé néonatale mais la durée de stockage a un impact négatif sur les taux de grossesse et de naissance vivante : plus longue est cette durée et plus diminue la probabilité pour une femme de devenir enceinte et donner naissance à un enfant. Les cliniciens devraient prendre en considération ces résultats avant de décider du nombre d’embryons à congeler et à stocker.




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