Revue de presse du 18 mai 2022

Revue de presse






Mission prospective sur l’illettrismeDéfini par l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme comme étant « la situation de personnes de plus de seize ans qui, bien qu’ayant été scolarisées, ne parviennent pas à lire et comprendre un texte portant sur des situations de leur vie quotidienne, et/ou ne parviennent pas à écrire pour transmettre des informations simples », l’illettrisme a longtemps été sous-estimé. Des indicateurs convergents et robustes en font désormais un phénomène social de mieux en mieux connu, mais sa détection et sa prise en charge restent pourtant peu efficaces à l’échelon individuel. Ce rapport de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche en présente un bilan chiffré et constate qu’il concerne toujours une proportion importante de la population.

L’enquête Information et Vie Quotidienne conduite en 2012 par l’Institut national de la statistique et des études économiques a révélé que 7 % de la population était touchée par l’illettrisme, contre 3,6 % en 1945. Les évaluations menées en 2020 dans le cadre de la Journée défense et citoyenneté ont par ailleurs dévoilé que 4,6 % des jeunes de seize à vingt-cinq ans peuvent être considérés en situation d’illettrisme. Ces chiffres sont corroborés par le Program for international student assessment, qui estime que 21 % des élèves français ont un bas niveau dans ce domaine.

Le niveau de l’illettrisme est cependant hétérogène selon les régions ou zones de vie :

  • Certains départements sont particulièrement touchés : les données issues de la Journée défense et citoyenneté en 2020 font ainsi état de difficultés de lecture pour 11,9 % des jeunes de Seine-Saint-Denis. Les jeunes d’outre-mer ayant une compréhension très faible en lecture sont 46,6 % en Guyane et 71,1 % à Mayotte, contre 9,5 % en moyenne sur l’ensemble du territoire.
  • L’enquête Information et Vie Quotidienne a par ailleurs montré que 50 % des personnes en situation d’illettrisme vivent dans des zones faiblement peuplées et que le taux d’illettrisme dans les quartiers relevant de la politique de la ville est deux fois plus important que le taux moyen.

Le rapport explique ce constat par des dysfonctionnements tant au niveau de la politique nationale de lutte contre l’illettrisme qu’au niveau du suivi des élèves à l’école :

  • La lutte contre l’illettrisme est principalement menée par l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme créée en 2001. Son action comme centre de ressources est reconnue mais son champ d’action se limite aux adultes.
  • De la maternelle au lycée, la fragilisation progressive des élèves en lien avec une difficulté d’apprentissage entraîne une relégation scolaire : « De la maternelle – voire avant – jusqu’en 3e, des alertes sont ignorées, des seuils mal négociés, des apprentissages essentiels manqués, creusant d’année en année des écarts devenus irréversibles » (p. 1), de sorte que les élèves en difficulté sur la compréhension de l’écrit ou en lecture sont majoritairement dirigés vers les lycées professionnels.

Le rapport propose donc d’adopter des « mesures-réflexes » pour réagir au plus près des élèves et recommande à l’Éducation nationale et à ses partenaires des actions pour mieux détecter les situations à risque et y répondre par la pédagogie, notamment :

  • détecter et alerter au plus tôt, y compris au stade préscolaire, sur les difficultés rencontrées par les enfants, la détection devant être immédiatement suivie de « gestes pédagogiques » adaptés ;
  • identifier finement et tester scrupuleusement la difficulté, puis la traiter dans l’instant ;
  • renforcer la culture commune et la formation des équipes d’enseignants ;
  • structurer le pilotage académique et national autour d’instances spécifiques et d’objectifs précis.

Fiches Repères, nº 56, 18 mai 2022D’après cette étude publiée aujourd’hui par l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire, une commune sur trois dispose d’un accueil de loisirs sur son territoire, pour un total de 32 000 lieux d’accueil. Parmi les communes ayant une école primaire sur leur territoire en 2020-2021, une sur deux disposait également d’un accueil de loisirs pour les enfants âgés de moins de quatorze ans. 2,75 millions de places au total étaient ouvertes pour l’accueil des trois à dix-sept ans. Après la chute historique observée au printemps et à l’été 2020, le nombre de places en accueil de loisirs a retrouvé un niveau globalement assez proche de celui d’avant la crise sanitaire.

Ce n’est pas le cas pour les colonies et autres séjours de vacances, dont la fréquentation a certes rebondi en 2020-2021 mais sans retrouver son niveau d’avant-crise : après 670 000 départs d’enfants ou d’adolescents en 2019-2020, 900 000 ont été comptabilisés en 2020-2021, encore loin des 1,44 million de départs enregistrés en 2018-2019. Or, il s’agit d’un enjeu majeur car les séjours estivaux, notamment, sont des moments importants pour le développement des enfants. Le scoutisme connaît cependant une progression continue depuis 2009.









Xavier Couderc

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