Revue de presse du 15 décembre 2021

Revue de presse

  • Courriel d’information (Droits du parent et de l’enfant), nº 9, 15 décembre 2021.


















Les personnes conçues avec des techniques de procréation assistée pourraient-elles être exposées à un risque élevé de troubles psychiatriques en raison des effets indésirables potentiels des techniques elles-mêmes, ou parce que ces traits, ou leurs facteurs de risque, pourraient être plus fréquents chez les couples infertiles ? Afin d’étudier le risque de troubles psychiatriques chez les adolescents et les jeunes adultes conçus avec des techniques de procréation assistée et évaluer le rôle des caractéristiques parentales liées au traitement, ce suivi prospectif d’une cohorte de naissance à l’échelle nationale a utilisé le couplage des registres de population suédois avec une couverture jusqu’en 2018. Tous les enfants nés en Suède entre le 1er janvier 1994 et le 31 décembre 2006 ont été inclus dans l’analyse. Le suivi s’est terminé le 31 décembre 2018, lorsque les participants étaient âgés de douze à vingt-cinq ans, et les données ont été analysées du 17 mars 2020 au 10 septembre 2021. Les diagnostics cliniques de trouble de l’humeur – notamment l’anxiété, le comportement suicidaire, la dépression majeure et le trouble obsessionnel compulsif – ont été identifiés à partir des dossiers hospitaliers et des soins spécialisés ambulatoires. Le suicide a également été identifié à partir des certificats de décès. L’utilisation d’antidépresseurs a été identifiée à partir des dispensations de médicaments prescrits.

Au total, 1 221 812 enfants (48,6 % de filles, 51,4 % de garçons) nés entre 1994 et 2006 ont été suivis jusqu’à un âge médian de dix-huit ans. Parmi ces participants, 31 565 (2,6 %) ont été conçus avec des techniques de procréation assistée. Comparativement à tous les autres, les adolescents conçus avec des techniques de procréation assistée présentent un risque élevé de trouble obsessionnel compulsif, mais l’association est atténuée et n’est plus statistiquement significative après ajustement sur les caractéristiques parentales ; elle n’est plus présente lorsqu’elle est limitée aux personnes nées de couples dont l’infertilité était connue. Les adolescents conçus avec des techniques de procréation assistée ne sont pas exposés à un risque élevé de comportement suicidaire ou de dépression par rapport aux autres adolescents (indépendamment de l’infertilité parentale). Le type de fécondation (fécondation in vitro standard ou injection intracytoplasmique de spermatozoïdes) n’a aucun lien avec les résultats. Comparativement aux enfants de couples infertiles non conçus par des techniques de procréation assistée, le transfert d’embryons frais – non congelés – est associé à un risque plus faible de troubles de l’humeur.

Ces résultats laissent penser que les adolescents conçus avec des techniques de procréation assistée ne risquent pas d’être en mauvaise santé psychiatrique par rapport à la population générale, à l’exception d’un risque élevé de trouble obsessionnel compulsif – lequel peut s’expliquer par des différences dans les caractéristiques parentales.


Francesco Arcuri vs Juana Rivas








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