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Revue de presse du 28 février 2018

Revue de presse




Document d’études, nº 215, 28 février 2018Un large pan de la littérature économique et sociologique attribue à la parentalité un rôle important dans la formation et la persistance des inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes. Les périodes de vie où se créent ces inégalités ne sont en revanche pas clairement identifiées. Se forment-elles davantage avant ou après la naissance du premier enfant ? Les inégalités diminuent-elles lorsque les enfants grandissent ?

À partir de modèles de durée, les auteurs ont évalué au fil des naissances, pour des personnes ayant au moins cinquante ans en 2007, l’évolution de la probabilité d’atteindre une position socioprofessionnelle adéquate au regard du niveau d’études, c’est-à-dire de ne pas être déclassé en termes de catégorie socioprofessionnelle, et ont mesuré les différences entre les femmes et les hommes. L’enquête Santé et itinéraire professionnel a été mobilisée pour retracer les parcours familiaux et professionnels année après année – il s’agit de l’une des rares sources de données françaises à le permettre.

Les générations étudiées – 1932 à 1957 – ont connu de profonds changements économiques et sociétaux, parmi lesquels une forte augmentation de l’activité féminine hors du foyer et le délaissement progressif du modèle de l’homme « gagne-pain ». L’analyse des évolutions socioprofessionnelles des femmes et des hommes de ces générations montre de fortes inégalités à la défaveur des femmes avec enfants, croissantes avec le nombre d’enfants. Bien qu’elles s’accroissent par la suite, ces inégalités se forment avant l’arrivée des enfants, surtout pour les non-diplômées du baccalauréat. L’existence d’inégalités avant la première naissance suggère que l’arrivée d’un enfant n’en est pas l’unique facteur. Les hommes atteignent plus souvent que les femmes une position socioprofessionnelle adéquate avant de devenir parents. Quel que soit le nombre final d’enfants, c’est au moment de la première naissance que les inégalités augmentent le plus. Les inégalités continuent de se creuser par la suite, mais à un rythme moindre, voire se réduisent légèrement dans certains cas (selon l’âge et le nombre des enfants, et le diplôme). Dans l’ensemble, les femmes restent néanmoins plus souvent en situation de déclassement professionnel que les hommes.



  • Noblecourt (Michel), « Syndicats, une féminisation lente », Le Monde, nº 22747, 1er mars 2018, p. 22.

Le Monde, nº 22747, 1er mars 2018, p. 22


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