Revue de presse du 28 février 2019

Revue de presse





  • Collectif, La féminisation des noms de métiers et de fonctions, Paris, Académie française, 28 février 2019.

Lors de sa séance d’aujourd’hui, l’Académie française a adopté à une très large majorité (seulement deux voix contre) un rapport sur la féminisation des noms de métiers et de fonctions, bref document de vingt pages issu des travaux d’un groupe de quatre académiciens (dont deux académiciennes : Dominique Bona et Danièle Sallenave). En voici quelques extraits :

« Il n’existe aucun obstacle de principe à la féminisation des noms de métiers et de professions. [4]

« La langue française connaît de nombreuses formes de féminisation des noms de métiers, héritées souvent du latin ou de l’italien, parfois de l’anglais. Il n’est pas inutile de relever les plus courantes de ces formes. La première consiste sans doute à marquer le féminin par l’article, éventuellement l’adjectif ou le verbe tout en gardant la même forme au masculin comme au féminin. C’est le cas pour “architecte”, “artiste”, “juge”, “secrétaire”, “comptable”, “garde”, “gendarme”, “diplomate”. Les noms de métiers (ou même de fonctions, tels que “ministre”, “maire”, ou les titres, comme “maître”) se terminant par un “e” muet se prêtent assez naturellement à cette forme, même s’il existe un usage ancien consistant à féminiser le nom de manière plus marquée (“mairesse”, “maîtresse”, “poétesse” illustrent cet usage). Il en va de même pour les substantifs dont le masculin se termine par “o” (“une dactylo”, “une imprésario”, “une soprano”). [7]

« Les formes féminines en “-esse” correspondent à un mode ancien de féminisation, très marqué et regardé de ce fait aujourd’hui comme porteur d’une discrimination. Assez largement usité par le passé, notamment après le premier conflit mondial, où il traduisait l’accès des femmes à certaines professions du fait des progrès de l’instruction et des besoins liés à l’économie de guerre, il n’est plus productif depuis près d’un demi-siècle. Les juridictions recourent encore aux termes “demanderesse” ou “défenderesse”, “bailleresse” est encore en usage, mais “doctoresse”, “notairesse”, tout comme “mairesse”, sont en train de disparaître (“docteure” a supplanté “doctoresse”). [9]

« Une véritable difficulté apparaît avec la forme féminine du mot “chef” : le cas mérite qu’on s’y arrête, ce mot étant employé dans de nombreuses locutions, telles que “chef de chantier”, “chef d’équipe”, “chef de rayon”, “chef de gare”, “chef de rang” (dans la grande restauration), “chef de bureau”, “chef de cabinet”, “chef d’orchestre”. Ce mot a donné lieu à la création de formes féminines très diverses : (la) “chef”, “chèfe”, et même “chève” (comme “brève”), “cheffesse” (ancien), sans omettre “cheftaine”. […] La langue française a tendance à féminiser faiblement ou pas les noms des métiers (la remarque peut être étendue aux noms de fonctions) placés au sommet de l’échelle sociale. [10-11]

« Il est loisible de constater que, dans le langage général, les noms de fonctions se féminisent aussi aisément et aussi librement que les noms de métiers. Ce constat vaut également pour toutes les désignations des fonctions ou mandats publics, pour lesquels l’Académie peut inviter largement à recourir à des formes féminines bien implantées dans l’usage, sans dommage pour la langue. Mais, même quand l’emploi des formes féminines s’est imposé à l’écrit, sa généralisation à l’oral n’est pas toujours systématique, ce qui donne alors la mesure de l’ancrage des nouvelles dénominations et invite à une grande souplesse d’utilisation : une application systématique et rigide de la féminisation peut constituer en fait un obstacle à son acceptation par la société, faute d’une prise en compte des réserves de l’usage à l’égard de certaines innovations. [14-15]

« Aucune contrainte imposée au langage ne suffirait à changer les pratiques sociales : forcer une évolution linguistique ne permet pas d’accélérer une mutation sociale. [15]

« Il existe bel et bien un type de fonctions pour lequel la désignation ne traduit pas de façon automatique le sexe de leur détenteur. Ainsi le mot “ambassadrice” est employé depuis la fin du XVIe siècle pour désigner l’épouse d’un ambassadeur. […] Longtemps, les formes féminines correspondant à certaines fonctions exercées exclusivement par les hommes ont marqué la reconnaissance du statut social accordé aux femmes en tant qu’épouses. [18]

« Dans les armées, la féminisation s’est opérée progressivement, à mesure que les femmes accédaient aux échelons les plus élevés de la hiérarchie, sans que cette évolution suscite de réserves, la plupart des appellations de grades pouvant être fléchies aisément (qu’il s’agisse de la “caporale”, de la “sergente” ou de l’“adjudante”, de la “lieutenante”, comme de la “lieutenante-colonelle”, de la “capitaine”, de la “commandante”, pour ne rien dire de la “colonelle” ou de la “générale”, termes anciens établis depuis plusieurs siècles dans l’usage pour désigner l’épouse du titulaire du grade, ou même de l’“amirale”, forme féminine d’abord employée adjectivement dans “galère amirale”). » [18]


Les recommandations émises dans le dernier rapport de la médiatrice de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur (voir notre revue de presse du 27 juin 2018) ont fait aujourd’hui l’objet d’une réunion du comité de suivi, présidée par les directeurs de cabinet des ministres chargés de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur. On trouvera dans ce document l’intégralité des échanges qui ont eu lieu entre la médiation et les directions administratives concernées pour préparer cette réunion, ainsi que leurs réponses aux différentes recommandations de la médiatrice. Les modalités de liquidation du supplément familial de traitement en cas de divorce ou de séparation de deux agents publics ayant mis en œuvre la résidence alternée de leur(s) enfant(s) sont examinées aux pp. 26-27.


A Roadmap to Reducing Child PovertyLes aptitudes et les forces que les enfants développent de la petite enfance à l’adolescence sont essentielles à leur croissance cognitive, émotionnelle et physique, ce qui les aide à réussir à l’école et à devenir des adultes économiquement autonomes, en bonne santé et responsables – lesquels constituent une société prospère. Or, des millions d’enfants américains vivent dans des familles dont le revenu est inférieur au seuil de pauvreté. De nombreuses études démontrent que le manque de ressources économiques adéquates de ces familles compromet la capacité de leurs enfants à grandir et à devenir des adultes accomplis, ce qui nuit tant aux enfants qu’à la société entière.

Cette feuille de route pour la réduction de la pauvreté infantile passe en revue les recherches sur les liens entre le bien-être et la pauvreté des enfants, et analyse les effets des principaux programmes d’assistance destinés aux enfants et à leurs familles sur la réduction de la pauvreté. Ce rapport fournit également des recommandations politiques visant à réduire de moitié le nombre d’enfants vivant dans la pauvreté aux États-Unis d’ici dix ans.




Voir notre article d’hier.


  • Vergès (Marie, de), « L’égalité entre femmes et hommes progresse dans le monde, mais pas partout », Le Monde, nº 23059, 1er mars 2019, p. 14.

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