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Réseau paternel

SOS hommes battus

Bésida (Olivier), « SOS hommes battus », allocution prononcée à Sèvres le 19 novembre 2012 lors d’un colloque organisé par l’association SOS Hommes battus.

2nd colloque SOS Hommes Battus

L’association SOS PAPA a été fondée il y a vingt ans et elle compte à ce jour quinze mille adhérents. Indépendante de tout professionnel de la justice, de tout parti politique et de toute orientation religieuse, elle se veut le porte-étendard, notamment auprès des pères, d’une justice familiale où le père et la mère seraient traités sur un pied d’égalité. Nous revendiquons en conséquence la coparentalité, et, d’une façon plus précise, le principe de la résidence alternée de base en cas de séparation ou de divorce. En conséquence, nous proposons à nos adhérents dans plusieurs départements de France, et en particulier à Paris, où j’ai le plaisir de diriger la délégation : des groupes de paroles pour des pères ainsi que les conseils de nombreux avocats, avec également l’aide de plusieurs psychologues. SOS PAPA conseille en moyenne plus de six mille papas par an.

Je me suis séparé de mon ex en 2007, à cause de sa très forte agressivité et de sa violence psychologique ; elle a fini par essayer de m’étrangler, si bien que je suis parti. J’ai quitté mon ex alors que ma fille était âgée de quelques mois. Depuis, la mère de mes enfants a tenté d’étrangler mon fils en 2009, avec des sortes de gants qu’elle avait fabriqués, et en 2010 on a découvert que ma fille, âgée de trois ans, était régulièrement enfermée dans un local à ordures, dans le noir, en guise de punition. Évidemment, c’est toujours la mère qui a la garde de mes enfants, moi-même n’ayant qu’un droit de visite et d’hébergement les premier, troisième et cinquième weekends du mois, et la moitié des vacances scolaires. Les magistrats préfèrent enterrer ce genre d’affaire.

Il y a deux ans, lors du premier colloque sur les hommes battus, je vous avais fait part de cet homme qui avait reçu des coups de fer à repasser chaud alors qu’il dormait ; cette année, on innove : un papa a reçu la planche à repasser dans la figure.

Alain [1] reçoit non seulement des casseroles dans la figure, mais également le chat avec ses griffes.

La femme de Charles le mord à la figure, il obtient six jours d’ITT et des poursuites pénales : un éloignement du domicile conjugal de madame de quinze jours. Il reste avec les enfants et, au bout de quinze jours, le JAF ordonne à monsieur de quitter le domicile conjugal, et permet à madame de revenir s’occuper de ses enfants comme si de rien n’était. Charles devient SDF.

Hervé, ex-militaire endurci, subit les violences quotidiennes de sa femme ; il finit par la quitter, elle s’en prend aux enfants, et, oh miracle ! finit par se suicider. Incrédule, Hervé fait le voyage jusqu’à la ville où elle vivait, demande à voir le cadavre de son ex et la prend en photo ; comble du morbide, il se rassure chaque fois qu’il y a un problème dans sa vie en regardant cette photo sur son portable, en se disant qu’il a connu pire et que désormais rien de grave ne peut lui arriver.

Daniel, frappé à coups de table à repasser, reçoit également un coup de couteau ; sa femme fait une tentative de suicide, se fait passer pour une victime auprès de la police et réussit à le faire hospitaliser en hôpital psychiatrique pour « un contrat de sept jours ». Il en ressort terrorisé et abattu ; pendant ce temps, madame a rejoint une secte avec ses enfants.

Stéphane tente de protéger ses enfants, que madame frappe à coups de fils électriques ; il s’interpose lorsqu’elle tente de jeter le nourrisson par la fenêtre du troisième étage. Madame fait de fausses accusations de violences conjugales et monsieur part un mois en hôpital psychiatrique ; il en ressort sonné, terrorisé et SDF.

Yves reste quinze ans avec sa femme dominatrice et autoritaire, qui le prend pour un petit chien en laisse et le dénigre en tant que père ; il reste pour protéger ses enfants, et nous apprend qu’en quinze ans il n’a eu que cinq rapports sexuels avec sa femme.

Pierre : sa femme mythomane met le feu à la couette où dorment ses trois enfants. Elle part en hôpital psychiatrique, internée par le préfet. Par amour pour sa femme, il croit que tout pourra redevenir comme avant ; elle lui donne des coups de couteau à la main. Épuisé physiquement, ne dormant plus et sur le qui vive depuis trop longtemps, son corps lui dicte qu’il est grand temps de demander le divorce.

Laurent, à force de subir le harcèlement moral et les coups de pieds de sa femme, finit par avoir mal au dos à force d’être frappé.

Georges, marié à une femme violente, hésite à partir ou à rester pour protéger ses quatre enfants. C’est le grand dilemme récurrent des pères.

Jean : une assistante sociale a dit à madame de mentir et de prétexter de fausses accusations de violence afin qu’elle puisse bénéficier rapidement d’un logement social.

Jean-Christophe, divorcé depuis trois ans, est encore sous le choc après les violences et la perversité de son ex-femme. Il en a toujours peur ; pourtant, il a fait des études (bac + 10) et a un très bon travail.

Enzo, marié à une femme marocaine, reçoit des coups de couteaux malgré le fait qu’il ait obtenu un logement et des papiers pour sa femme.

Victor prétend avoir rencontré « le diable en personne ». Une serveuse lui fait du charme, lui fait des enfants, ils se marient, elle vide ses comptes, le violente régulièrement, force ses parents à vendre leur maison, l’empêche de travailler. Ils divorcent ; elle se fait passer pour une femme violentée et isolée auprès de la municipalité PS qui, croyant bien faire, vole à son secours. Les enfants terrorisés réclament de rester avec leur père. Madame entre dans une secte satanique de type millénariste avec ses enfants, qui veulent rester avec lui, mais le juge aux affaires familiales préfère qu’ils soient avec la mère.

De la même façon qu’il n’existe pas de profil type ou socioculturel de l’homme battu, il n’existe pas de profil type de la femme violente.

Encore peu d’hommes osent déposer plainte contre leur femme ou leur ex, ou bien pire, ils en sont dissuadés par les services de police ou de gendarmerie, et on ne leur propose au maximum qu’une main courante.

Il est bien souvent difficile pour un homme de se reconnaître en tant qu’homme battu ; peut-être ce terme a-t-il été choisi à dessein car il rime avec la connotation sexuelle évidente d’impuissance. C’est pourquoi ce terme avilissant d’homme battu sert, à lui seul, depuis des décennies, d’effet dissuasif, non seulement pour réduire le nombre de plaintes déposées, mais encore pour apparaître aux yeux de nos contemporains comme un tabou de notre société, apportant en plus à ces victimes de violences conjugales le poids d’une culpabilité déplacée aux yeux de la société.

Lorsqu’une personne est victime d’un accident de la route, elle ne l’a pas choisi, on ne lui en veut pas, c’est un fait qu’elle subit, et son statut de victime lui est pleinement octroyé.

Il est grand temps que les hommes puissent être reconnus comme victimes de violences conjugales tout simplement, plutôt que catégorisés comme hommes battus.

Sir Roger Moore (Allan Warren's studio, Belgravia, London, 1973 – © Allan Warren)

Sir Roger Moore (Allan Warren’s studio, Belgravia, London, 1973 – © Allan Warren)

Roger Moore, cet acteur qui a tant fait rêver, était lui aussi victime de violences conjugales [2].


Notes

1. Les prénoms sont des pseudonymes, sauf le mien.

2. Cf. « Sir Roger Moore: James Bond actor “beaten up by first two wives” », The Daily Telegraph (London), 12 septembre 2012 ; « Roger Moore était victime de violences conjugales », L’Express, 14 septembre 2012.

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