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Réseau paternel

L’affaire de Cestas (J+1)

Cestas

Quatre députés ont remis aujourd’hui à la présidence de l’assemblée nationale des questions écrites au ministre de la justice René Capitant.

René Capitant

René Capitant (© D.R.)

Pierre Bonnel (© D.R.)

Pierre Bonnel (© D.R.)

Pierre Bonnel, député RI de la troisième circonscription du Pas-de-Calais, met en cause « la décision prise de donner l’assaut » :

Bonnel (Pierre), Question écrite nº 4130 au ministre de la justice sur le très grand émoi provoqué en France par l’issue tragique du drame de Cestas, 18 février 1969

Bernard Lafay (© Henri Martinie / Roger-Viollet)

Bernard Lafay (© Henri Martinie / Roger-Viollet)

Le docteur Bernard Lafay, député UDR de la vingt-deuxième circonscription de Paris, va bien au-delà et met en cause le « fonctionnement de la justice », soulignant l’urgence d’une « réforme profonde d’institutions [au] caractère à la fois médiéval et napoléonien ». Bien que le rapprochement entre le Moyen Âge et la période post-révolutionnaire ne soit pas heureux du point de vue de l’histoire de la justice, le réquisitoire parlementaire n’en est pas moins pertinent :

Lafay (Bernard), Question écrite nº 4131 au ministre de la justice sur la tragédie de Cestas, 18 février 1969

Bernard Pons (© François Pages)

Bernard Pons (© François Pages)

Un autre médecin, le docteur Bernard Pons, député UDR de la deuxième circonscription du Lot, va droit à l’essentiel en soutenant que « la vie de deux enfants est dans tous les cas beaucoup plus importante que l’exécution d’un mandat d’amener » :

Pons (Bernard), Question écrite nº 4144 au ministre de la justice sur l’action de la gendarmerie à Cestas, 18 février 1969

Roland Boudet (© D.R.)

Roland Boudet (© D.R.)

Roland Boudet, député centriste de l’Orne, considère que l’effet létal d’un jugement de divorce est inadmissible :

Boudet (Roland), Question écrite nº 4165 au ministre de la justice sur le drame de Cestas, 18 février 1969

 

Revue de presse – France

Combat, nº 7651, 18/02/1969À la une de Combat (nº 7651) un bandeau résume bien la tragédie d’hier : « Cestas, où périssent les enfants pourvu que passe la justice »…


France Dimanche, nº 1172, 18/02/1969France Dimanche (nº 1172) consacre sa une à la prochaine paternité du chanteur italo-belge Salvatore Adamo, ce qui nous fait bien plaisir, mais publie également un reportage photographique sur la tragédie de Cestas.


Logo France Inter 1967Quatorze sujets sont traités au journal radiophonique de 20 h 00 sur France Inter, présenté par Jean-Claude Turjman. Commentée par Édouard Lor, l’affaire de Cestas est redescendue à la douzième place. Outre l’annonce des obsèques d’André Fourquet et ses enfants demain à Bordeaux, on apprend qu’une nouvelle question écrite au ministre de la justice René Capitant a été déposée par Nicole de Hauteclocque, députée de la dix-huitième circonscription de Paris.


France-Soir, 18/02/1969France-Soir, 18/02/1969

L’affaire de Cestas occupe la une des diverses éditions de France-Soir (nous montrons ici la huitième édition et la « dernière heure »).


Le Monde, nº 7497, 19 février 1969, p. 1Le Monde (nº 7497, daté du 19 février 1969) publie plusieurs articles (communiqués, revue de presse, tribunes) sur « Le drame de Cestas », dont une chandelle à la une intitulée « La procédure de divorce et les moyens employés pour mettre fin au “siège” sont mis en cause ». Un fait particulièrement intéressant a été relevé, que nous mettons ici en avant :

UNE MÈRE APPAREMMENT INSENSIBLE

« Interrogée par les radios à diverses reprises depuis le début de l’affaire, Mme Micheline Berton, divorcée d’André Fourquet, avait manifesté une totale insensibilité à l’égard de ses enfants et de leur sort. Leur mort ne paraît pas l’avoir davantage affectée si l’on en juge par le dialogue suivant entendu lundi soir à Europe 1 :

« “Vous ne pensiez pas du tout que Fourquet pourrait se supprimer et laisser en vie vos deux enfants ?

« – Il avait dit qu’il voulait tuer les deux enfants, et lui avec… comme il avait voulu, au début, mettre le feu. Il l’avait dit.

« – Pour vous, cela ne vous surprend absolument pas.

« – Cela surprend que les enfants y sont plus, et c’est tout.” »


La Nouvelle République du Centre-Ouest, nº 7427, 18/02/1969, p. 1« L’horrible épilogue du “siège de Cestas” » occupe la majeure partie de la une de La Nouvelle République du Centre-Ouest (nº 7427), illustrée par deux photographies.


Le Parisien libéré, nº 7611, 18/02/1969, p. 1« L’horrible tragédie de Cestas » occupe aussi la majeure partie de la une du Parisien libéré (nº 7611), illustrée par deux photographies. L’heure est aux interrogations :

DES QUESTIONS DRAMATIQUES

  1. Pourquoi la mère d’Aline et de Francis n’est-elle pas intervenue ?
  2. Les décisions contradictoires des juges du divorce étaient-elles justifiées ?
  3. Les gendarmes ayant fait l’impossible pour éviter la tragédie pourquoi l’ordre d’assaut a-t-il quand même été donné ?

Paris Jour, nº 2934, 18/02/1969, p. 1« Le massacre de Cestas » occupe toute la une de Paris Jour (nº 2934), illustrée par deux photographies. Une seule question : « QUI EST RESPONSABLE ? »


La République des Pyrénées, nº 7453, 18/02/1969, p. 1À la une de La République des Pyrénées (nº 7453), « l’atroce dénouement du drame de Cestas » occupe la tribune, illustrée par deux photographies d’André Fourquet et ses enfants. Les deux tiers de la page 13 sont consacrés au récit de « l’épilogue sanglant ». Outre un récapitulatif du « drame passionnel », on peut y lire les justifications parfaitement nauséabondes du colonel Jean Lepoivre, commandant la circonscription régionale de gendarmerie d’Aquitaine, ainsi que plusieurs réactions politiques. Nous mettons ici en exergue un communiqué de l’Union des jeunes pour le progrès, qui nous semble tout à fait digne d’intérêt :

« Le drame de Cestas est symptomatique de la maladie d’une société. Un père de famille abandonné, au paroxysme de la passion et vraisemblablement de la douleur, n’entend plus raison. Comme remède, la société lui envoie, à lui et à ses enfants, d’une part la gendarmerie casquée, armée, en autos blindées, montant à l’assaut, d’autre part une troupe de journalistes munis de micros et d’appareils photos.

« On n’a pas le droit, face à la maladie, d’avoir des réactions de guerrier en mal de campagne. La gendarmerie, dont l’un des siens a trouvé une mort malheureuse, et la justice, s’estimant bafouée, ne sortent pas grandies par la mort de deux enfants innocents.

« On n’a pas le droit non plus de considérer ce drame comme une aubaine pour remplir les premières pages des journaux. Dans notre civilisation en pleine évolution, il risque d’y avoir de nombreux drames, aussi graves que celui de Cestas, qui devraient pouvoir se régler avec une justice peut-être plus humaine. »


Sud-Ouest, nº 7614, 18/02/1969, p. 1Le grand quotidien régional Sud-Ouest (nº 7614) consacre aussi la majeure partie de sa une à « la tragédie de Cestas », illustrée par deux photographies.

« La France bouleversée par la tragédie de Cestas

« La mort des deux enfants tués par leur père au moment de l’assaut final et le suicide d’André Fourquet soulèvent jusqu’au Parlement des controverses passionnées »

Pratiquement toute la page 18 est consacrée à « l’atroce dénouement de Cestas ». L’article de fond, signé François Rivière, débute et s’achève avec de légères pointes d’humour :

« En défonçant la porte d’André Fourquet, le commandant Cardeilhac a libéré deux chats faméliques qui se sont enfuis. On ne les apprivoisera plus.

« Il a aussi découvert trois corps à l’agonie. Francis et Aline, sans visage, étendus côte à côte sur un lit, râlaient doucement. Le père gisait dans la même chambre, mourant près de son arme.

« […]

« Une maison champêtre qu’on louera peut-être un jour ; Fourquet payait 60 francs par mois, a dit le régisseur en la visitant peu avant l’arrivée des magistrats et en constatant : “Il y a quand même du dégât.” »

L’indifférence de Micheline Berton, ex-épouse d’André Fourquet et mère des deux enfants décédés, est bien relevée :

« Seule la mère des deux enfants n’a jamais manifesté son désir d’intervenir. En apprenant la mort au journal parlé de 12 heures, elle a seulement déclaré : “Je suis surprise qu’ils ne soient plus là. Mais je m’y attendais. C’est tout…

« Elle ne regrette pas de ne pas s’être rendue jusqu’à cette forteresse du malentendu où on l’appelait et que chacun voulait forcer. »

Enfin, outre un certain nombre de réactions officielles, on peut lire celles de six lecteurs de Sud-Ouest (trois femmes et trois hommes), interrogés dans la rue quelques heures après la tragédie. L’exercice du sondage d’opinion vaut ce qu’il vaut, mais il a été manifestement établi pour exprimer la diversité des impressions du vulgum pecus. On remarque néanmoins que les trois lectrices interrogées, dont une divorcée, sont les plus critiques à l’égard de Micheline Berton. Sud-Ouest ne nous autorise malheureusement pas la reproduction de ces articles ici…

 

Revue de presse – Allemagne

Darmstadt

The Stars and Stripes, vol. 27, nº 304, 18/02/1969, p. 1The Stars and Stripes (vol. 27, nº 304), quotidien des forces armées des États-Unis à l’étranger, dont l’édition européenne est publiée à Darmstadt, reproduit une longue dépêche de l’agence Associated Press à la une, illustrée par une photographie d’André Fourquet et ses enfants. Le texte de la dépêche se termine page 24.

The Stars and Stripes, vol. 27, nº 304, 18/02/1969, pp. 1, 24

 

Revue de presse – Autriche

Wien

Arbeiter Zeitung, nº 40, 18/02/1969, p. 1L’Arbeiter Zeitung (nº 40), organe du parti social-démocrate autrichien, édité à Wien, publie un article page 6, illustré par une photographie d’André Fourquet et ses enfants.

Traduction P@ternet

« Dernière image avant la tragédie : pour le photographe, Fourquet pose dans sa “forteresse”, un fusil à la main, avec ses enfants otages

« L’assiégé exécute sa menace : il tire sur lui et ses enfants

« Après quinze jours, c’est par une tragédie que s’est achevé tôt ce lundi le siège du forcené André Fourquet, trente-cinq ans [sic], qui s’était barricadé dans sa maison près de Bordeaux. L’homme a tiré sur ses deux enfants, qu’il utilisait comme otages, puis s’est tiré une balle dans la tête. Fourquet et ses deux jeunes victimes ont été découverts mourants par la police qui a pris d’assaut la maison avec des gaz lacrymogènes. L’assistance médicale est venue trop tard.

« Le malade mental s’était enfermé avec ses trois enfants le 2 février dans une ferme située dans la clairière d’une forêt. Il avait menacé de tirer sur lui et ses enfants si la police osait s’approcher de la maison. Fourquet, qui avait peur que son ex-femme enlève leurs enfants, avait accepté de libérer ceux-ci à la condition que sa femme se suicide sous ses yeux.

« Un des vingt policiers qui assiégeaient la “forteresse” de Fourquet a perdu la vie en essayant de se faufiler dans la cour : le fou a tiré sur lui et l’a frappé au cœur.

« La fille aînée a finalement réussi à s’échapper, mais Francis, onze ans, et Aline, treize ans, ont dû rester avec leur père. Fourquet avait confié un pistolet à son garçon en lui ordonnant de tirer sur tous ceux qui se montreraient dans la clairière de la forêt. Seul un médecin a été autorisé à entrer dans la maison.

« Affamer le forcené n’a pas marché. Dimanche, quatre policiers avec des gilets pare-balles se sont approchés de la “forteresse” dans un véhicule blindé. Fourquet a de nouveau menacé de tuer les enfants. Lundi matin, il a exécuté la menace. Après que des coups de feu aient retenti, la police a pris d’assaut la maison. Les policiers ont découvert trois mourants. »

 

Revue de presse – Espagne

Barcelona

La Vanguardia española, nº 31945, 18/02/1969, p. 1La Vanguardia española (nº 31945), quotidien espagnol édité à Barcelona, publie une compilation de dépêches des agence de presse EFE et Reuter à la page 19, et une photographie d’André Fourquet avec ses enfants à la page 34.

La Vanguardia española, nº 31945, 18/02/1969, p. 19

La Vanguardia española, nº 31945, 18/02/1969, p. 34

Traduction P@ternet

« Le retranché de Cestas, André Fourquet, s’est suicidé

« Auparavant il a tué son fils Francis et laissé gravement blessée sa fille Aline

« Bordeaux, 17 février – André Fourquet, qui s’était barricadé pendant quinze jours avec ses deux enfants dans une ferme de la ville de Cestas, près de Bordeaux, s’est suicidé ce matin, au moment où la police encerclait sa maison avec des véhicules blindés. Fourquet a également tué son fils Francis et grièvement blessé sa fille Aline, onze ans.

« Fourquet, conducteur de tracteur, a tué un policier pendant le siège de la ferme et a tenu à distance pendant deux semaines environ cinquante policiers entourant sa ferme, les menaçant de se tuer avec ses enfants s’ils essayaient de donner l’assaut à sa maison.

« Pendant le siège, Fourquet avait proposé à la police de libérer ses deux enfants si on lui remettait sa femme, qu’il voulait tuer. – EFE. – Reuter. »

[page 34]

« André Fourquet, le retranché de Cestas, s’est suicidé

« André Fourquet photographié il y a deux jours avec ses enfants dans se ferme de Cestas, près de Bordeaux, où il est resté terré pendant deux semaines avec ses enfants Francis et Aline, âgés respectivement de onze et treize ans. Hier, quand la police a encerclé la ferme avec des véhicules blindés, Fourquet s’est suicidé après avoir tué Francis et grièvement blessé Aline »


Madrid

ABC, 18/02/1969, p. 1ABC, quotidien espagnol édité à Madrid, publie une dépêche de l’agence de presse EFE à la page 29.

Traduction P@ternet

« FIN TRAGIQUE DU SIÈGE POLICIER DU FERMIER DE CESTAS (FRANCE)

« Alors que la gendarmerie avançait vers sa maison, Fourquet a tué ses enfants et s’est suicidé

« Paris, 17 février. Le siège policier d’André Fourquet, dans sa ferme de Cestas, près de Bordeaux, est terminé. L’agriculteur a fini par tirer sur ses deux enfants qui l’accompagnaient, le soutenant jusqu’au dernier moment ; puis il s’est suicidé.

« Le colonel Lepoivre, chef de la gendarmerie d’Aquitaine, a décidé de prendre d’assaut la ferme, cernée depuis quinze jours, alors que Fourquet avait menacé de tuer quiconque approchait, demandant qu’on lui remette son épouse, qu’il voulait tuer, en échange de leurs enfants. Il avait exécuté sa menace, tuant un gendarme. Le commandant Cardeilhac, qui dirigeait l’opération, a déclaré que la situation était devenue ridicule pour la police. Il a lancé deux automitrailleuses blindées contre la maison et a lancé un ultimatum à Fourquet, auquel celui-ci a répondu par un coup de feu ; puis on en a entendu trois autres dans la maison. La police a lancé des grenades et, après cinq minutes d’un morne silence, est entrée dans la maison. Fourquet et ses enfants, François et Aline, neuf et onze ans, gisaient ensanglanté. André et Francis sont morts peu après leur arrivée à l’hôpital de Bordeaux. Aline est également décédée ce matin.

« Les journalistes et les photographes qui ont suivi le drame ont pu entrer dans la propriété pour constater le dénouement. – Efe. »


Sevilla

ABC, nº 20422, 18/02/1969, p. 1ABC (nº 20422), quotidien espagnol édité à Sevilla, publie une correspondance de Bordeaux à la page 30.

ABC, nº 20422, 18/02/1969, p. 30

Traduction P@ternet

« L’AGRICULTEUR BARRICADÉ À BORDEAUX A MIS FIN À SA VIE

« Assiégé par la police, il a aussi tué ses deux enfants

« Bordeaux, 17 février. André Fourquet, qui s’était barricadé pendant quinze jours avec ses deux enfants dans une ferme de la ville de Cestas, près de Bordeaux, s’est suicidé ce matin, au moment où la police assiégeait sa maison avec des véhicules blindés.

« Fourquet, conducteur de tracteur, qui a tué un policier pendant le siège de la ferme, a tenu à distance pendant deux semaines environ cinquante policiers entourant la ferme, les menaçant de se suicider et de tuer ses enfants s’ils essayaient de donner l’assaut à la maison.

« Pendant le siège, Fourquet avait proposé à la police de libérer ses deux enfants si on lui remettait sa femme, qu’il voulait tuer.

« La petite Aline, onze ans, fille du retranché de Cestas, est morte ce matin à l’hôpital Pellegrin de Bordeaux.

« Aline a été transportée à Bordeaux ce matin après avoir reçu une balle tirée par son père. Celui-ci a également tué son fils Francis. »

 

Revue de presse – Grande-Bretagne

Glasgow

The Glasgow Herald, nº 20, 18/02/1969, p. 1The Glasgow Herald (nº 20), quotidien écossais édité à Glasgow, publie une dépêche de l’agence de presse Reuter à la page 11.

The Glasgow Herald, nº 20, 18/02/1969, p. 11


Manchester - Londres

The Guardian, 18/02/1969, p. 1The Guardian, quotidien édité à Manchester et Londres, publie un article de sa correspondante parisienne Nesta Roberts à la une.

The Guardian, 18/02/1969, p. 1

 

Revue de presse – Hongrie

Baranya

Dunántúli Napló, Vol. XXVI, nº 40, 18/02/1969, p. 1Le Dunántúli Napló (vol. XXVI, nº 40), organe quotidien du Parti socialiste ouvrier hongrois édité dans le comitat de Baranya, au sud de la Hongrie, publie une dépêche à la page 2.

Dunántúli Napló, Vol. XXVI, nº 40, 18/02/1969, p. 2

Traduction P@ternet

« Drame à Bordeaux

« C’est par un drame choquant qu’a pris fin la tentative de chantage d’André Fourquet, divorcé de sa femme et bien connu par ses scandales, retranché dans leur maison, dans la région de Bordeaux. Il était barricadé depuis quinze jours dans sa maison avec deux jeunes enfants et menaçait de se tuer avec eux si la police s’approchait. Après avoir discuté en vain avec Fourquet, les autorités ont changé de tactique lundi matin et deux véhicules blindés se sont approchés de la maison ; quand les policiers ont pris d’assaut la maison, trois coups de feu ont été entendus. La sommation “Fourquet, rends-toi !” n’a reçu aucune réponse. Après avoir ouvert la porte avec des grenades, les policiers sont entrés dans le bâtiment. À l’intérieur, ils ont trouvé le père et ses deux enfants gisant au sol et baignant dans leur sang. »


Heves

Népújság, vol. XX, nº 40, 18/02/1969, p. 1Le Népújság (vol. XX, nº 40), organe quotidien du Parti socialiste ouvrier hongrois édité dans le comitat de Heves, au nord de la Hongrie, publie une dépêche, un peu plus longue, à la page 2.

Traduction P@ternet

« Trois coups

« Drame à Bordeaux

« BORDEAUX :

« C’est par un drame choquant qu’a pris fin la tentative de chantage d’André Fourquet, divorcé de sa femme et bien connu par ses scandales, retranché dans leur maison, dans la région de Bordeaux. Il était barricadé depuis quinze jours dans sa maison avec deux jeunes enfants et menaçait de se tuer avec eux si la police s’approchait. Après avoir discuté en vain avec Fourquet, les autorités ont changé de tactique lundi matin et deux véhicules blindés se sont approchés de la maison ; quand les policiers ont pris d’assaut la maison, trois coups de feu ont été entendus. La sommation “Fourquet, rends-toi !” n’a reçu aucune réponse. Après avoir ouvert la porte avec des grenades, les policiers sont entrés dans le bâtiment. À l’intérieur, ils ont trouvé le père et ses deux enfants gisant au sol et baignant dans leur sang. Blessé au front, Fourquet gémissait encore, mais il est mort en quelques minutes ; gravement blessés, les deux enfants ont été transportés immédiatement à l’hôpital.

« Selon des informations récentes, un enfant grièvement blessé est mort pendant le transport à l’hôpital. »


Bács-Kiskun

Petőfi Népe, vol. XXIV, nº 40, 18/02/1969, p. 1Le Petőfi Népe (vol. XXIV, nº 40), organe quotidien du Parti socialiste ouvrier hongrois édité dans le comitat de Bács-Kiskun, au sud de la Hongrie, publie la même dépêche à la page 2.

Petőfi Népe, vol. XXIV, nº 40, 18/02/1969, p. 2

Traduction P@ternet

« Drame à Bordeaux

« C’est par un drame choquant qu’a pris fin la tentative de chantage d’André Fourquet, divorcé de sa femme et bien connu par ses scandales, retranché dans leur maison, dans la région de Bordeaux. Il était barricadé depuis quinze jours dans sa maison avec deux jeunes enfants et menaçait de se tuer avec eux si la police s’approchait. Après avoir discuté en vain avec Fourquet, les autorités ont changé de tactique lundi matin et deux véhicules blindés se sont approchés de la maison ; quand les policiers ont pris d’assaut la maison, trois coups de feu ont été entendus. La sommation “Fourquet, rends-toi !” n’a reçu aucune réponse. Après avoir ouvert la porte avec des grenades, les policiers sont entrés dans le bâtiment. À l’intérieur, ils ont trouvé le père et ses deux enfants gisant au sol et baignant dans leur sang. Blessé au front, Fourquet gémissait encore, mais il est mort en quelques minutes ; gravement blessés, les deux enfants ont été transportés immédiatement à l’hôpital.

« Selon des informations récentes, un enfant grièvement blessé est mort pendant le transport à l’hôpital. »


Somogy

Somogyi Néplap, vol. XXV, nº 40, 18/02/1969, p. 1Le Somogyi Néplap (vol. XXV, nº 40), organe quotidien du Parti socialiste ouvrier hongrois édité dans le comitat de Somogy, au sud-ouest de la Hongrie, publie la même dépêche à la page 5.

Somogyi Néplap, vol. XXV, nº 40, 18/02/1969, p. 5

Traduction P@ternet

« Drame familial

« C’est par un drame choquant qu’a pris fin la tentative de chantage d’André Fourquet, divorcé de sa femme et bien connu par ses scandales, retranché dans leur maison, dans la région de Bordeaux. Il était barricadé depuis quinze jours dans sa maison avec deux jeunes enfants et menaçait de se tuer avec eux si la police s’approchait. Après avoir discuté en vain avec Fourquet, les autorités ont changé de tactique lundi matin et deux véhicules blindés se sont approchés de la maison ; quand les policiers ont pris d’assaut la maison, trois coups de feu ont été entendus. La sommation “Fourquet, rends-toi !” n’a reçu aucune réponse. Après avoir ouvert la porte avec des grenades, les policiers sont entrés dans le bâtiment. À l’intérieur, ils ont trouvé le père et ses deux enfants gisant au sol et baignant dans leur sang. Blessé au front, Fourquet gémissait encore, mais il est mort en quelques minutes ; gravement blessés, les deux enfants ont été transportés immédiatement à l’hôpital.

« Selon des informations récentes, un enfant grièvement blessé est mort pendant le transport à l’hôpital. »


Szolnok

Szolnok Megyei Néplap, vol. XX, nº 40, 18/02/1969, p. 1Le Szolnok Megyei Néplap (vol. XX, nº 40), organe quotidien du Parti socialiste ouvrier hongrois édité dans le comitat de Szolnok, au centre de la Hongrie, publie la même dépêche, amputée de son dernier paragraphe, à la une.

Szolnok Megyei Néplap, vol. XX, nº 40, 18/02/1969, p. 1

Traduction P@ternet

« Drame à Bordeaux

« C’est par un drame choquant qu’a pris fin la tentative de chantage d’André Fourquet, divorcé de sa femme et bien connu par ses scandales, retranché dans leur maison, dans la région de Bordeaux. Il était barricadé depuis quinze jours dans sa maison avec deux jeunes enfants et menaçait de se tuer avec eux si la police s’approchait. Après avoir discuté en vain avec Fourquet, les autorités ont changé de tactique lundi matin et deux véhicules blindés se sont approchés de la maison ; quand les policiers ont pris d’assaut la maison, trois coups de feu ont été entendus. La sommation “Fourquet, rends-toi !” n’a reçu aucune réponse. Après avoir ouvert la porte avec des grenades, les policiers sont entrés dans le bâtiment. À l’intérieur, ils ont trouvé le père et ses deux enfants gisant au sol et baignant dans leur sang. Blessé au front, Fourquet gémissait encore, mais il est mort en quelques minutes ; gravement blessés, les deux enfants ont été transportés immédiatement à l’hôpital. »


Tolna

Tolna Megyei Népújság, vol. XIX, nº 40, 18/02/1969, p. 1Le Tolna Megyei Népújság (vol. XIX, nº 40), organe quotidien du Parti socialiste ouvrier hongrois édité dans le comitat de Tolna, au sud de la Hongrie, publie la dépêche complète à la page 8.

Tolna Megyei Népújság, vol. XIX, nº 40, 18/02/1969, p. 8

Traduction P@ternet

« Drame à Bordeaux

« C’est par un drame choquant qu’a pris fin la tentative de chantage d’André Fourquet, divorcé de sa femme et bien connu par ses scandales, retranché dans leur maison, dans la région de Bordeaux. Il était barricadé depuis quinze jours dans sa maison avec deux jeunes enfants et menaçait de se tuer avec eux si la police s’approchait. Après avoir discuté en vain avec Fourquet, les autorités ont changé de tactique lundi matin et deux véhicules blindés se sont approchés de la maison ; quand les policiers ont pris d’assaut la maison, trois coups de feu ont été entendus. La sommation “Fourquet, rends-toi !” n’a reçu aucune réponse. Après avoir ouvert la porte avec des grenades, les policiers sont entrés dans le bâtiment. À l’intérieur, ils ont trouvé le père et ses deux enfants gisant au sol et baignant dans leur sang. Blessé au front, Fourquet gémissait encore, mais il est mort en quelques minutes ; gravement blessés, les deux enfants ont été transportés immédiatement à l’hôpital.

« Selon des informations récentes, un enfant grièvement blessé est mort pendant le transport à l’hôpital. »

 

Revue de presse – Islande

Reykjavík

Morgunblaðið, nº 40, 18/02/1969, p. 1Le Morgunblaðið (nº 40), principal quotidien de la capitale islandaise Reykjavík, publie une compilation de dépêches des agences de presse Associated Press et Norsk Telegrambyrå à la page 12.

Morgunblaðið, nº 40, 18/02/1969, p. 12

Traduction P@ternet

« Fourquet s’est suicidé

« – Les enfants grièvement blessés

« Bordeaux, le 17 février APNTB.

« Le paysan français André Fourquet, qui s’était barricadé dans sa ferme avec deux enfants pendant quinze jours, s’est tué aujourd’hui. La police l’assiégeait depuis tout ce temps. Deux enfants, âgés de onze et treize ans, ont été grièvement blessés. Fourquet avait abattu un policier au début du siège.

« Fourquet avait menacé la police de tirer sur ses enfants si elle ne lui ramenait pas sa femme, qui l’avait quitté. Il avait dit qu’il tirerait sur sa femme dès qu’il la reverrait. »

 

Revue de presse – Italie

Cremona

La Provincia, nº 40, 18/02/1969, p. 1La Provincia (nº 40), quotidien édité à Cremona, dans le nord de l’Italie, publie une longue correspondance de Bordeaux, illustrée d’une photographie de la ferme du Sayet, à la page 12.

La Provincia, nº 40, 18/02/1969, p. 12

Traduction P@ternet

« Fin tragique du siège de Cestas

« Le père fou a tué les deux enfants et s’est suicidé

« BORDEAUX, 17 février. – Le siège de Cestas a pris fin avec un drame : quand, à 8 h 04 ce matin, les policiers ont pris d’assaut la maison où André Fourquet était barricadé depuis seize jours avec ses deux enfants, l’homme s’est tué en se tirant une balle dans la tête. Pénétrant dans la maison, les agents ont trouvé les deux enfants dans une mare de sang, blessés par deux coups d’une arme à feu. Francis (onze ans) et Aline (treize ans) ont été immédiatement transportés à l’hôpital à Bordeaux, mais les deux sont morts.

« Le drame trouve sa véritable origine dans un jugement de divorce prononcé en mars 1968. Mariés en 1954, André et Micheline Fourquet avaient eu une vie conjugale particulièrement troublée. De nature fermée, hypersensible, très attaché à leurs enfants, André Fourquet avait plus d’une raison d’être jaloux de sa femme. C’est pour cela qu’il avait considéré comme une injustice le jugement du tribunal de Bordeaux qui, prononçant le divorce, avait accordé la garde des enfants à la femme.

« Il y a deux ans, alors que la procédure de divorce était en cours et les enfants pensionnaires d’une institution religieuse, André Fourquet avait déjà été impliqué dans un épisode dramatique. Il était allé prendre les trois enfants (Chantal, quatorze ans, Aline, treize ans, et Francis, onze ans) et s’était barricadé dans la maison avec un fusil, menaçant quiconque tenterait d’approcher. Mais le drame avait été évité car Fourquet s’était rendu au bout d’une semaine. Les enfants étaient retournés dans l’institution religieuse et Fourquet avait passé six mois en prison.

« Après le divorce, les enfants étaient allés vivre avec leur mère. Mais le père avait obtenu le droit de les avoir avec lui deux fois par mois, pour le week-end. La tragédie a commencé à prendre forme le 1er février lorsque Fourquet, profitant de ce droit, est allé chercher ses trois enfants. Deux jours après, sa femme a prévenu les autorités que les enfants n’étaient pas rentrés chez eux. La police est allée trouver Fourquet, mais celui-ci a refusé de rendre les enfants, avec qui il s’était barricadé dans la ferme.

« Ainsi commença le siège. Par des fentes spécialement aménagées dans les fenêtres, Fourquet gardait sous la menace de son fusil tout accès à la maison. Mais dans la nuit du 10 au 11 février, la fille aînée, Chantal, a pu échapper à la surveillance de son père.

« Le lendemain, Fourquet a tué d’une balle dans la poitrine le gendarme Jean-Lucien Caratala, venu à 150 mètres de la maison.

« Ce matin, à 7 h 50, deux <i<half-tracks, à l’intérieur desquels se trouvaient plusieurs gendarmes, équipés de casques et de “gilets” pare-balles, se sont avancés vers la maison, sous les ordres du commandant Cardeilhac. Peu après, alors que les deux véhicules étaient à 80 mètres de la maison, deux coups de feu ont retenti à l’intérieur : le commandant Cardeilhac est descendu du véhicule blindé et a crié à Fourquet de se rendre.

« Puis, n’ayant reçu aucune réponse, il est remonté dans le véhicule, qui a continué d’avancer.

« Par une fenêtre, la police a lancé des grenades lacrymogènes à l’intérieur de la maison. À ce moment, le commandant Cardeilhac est entré dans la maison, où il a trouvé les deux enfants dans une mare de sang, dans leur lit, blessés à la tête, comme leur père.

« “J’ai l’impression, – a dit plus tard Cardeilhac aux journalistes – que Fourquet a tiré sur les enfants quand il a vu des véhicules blindés à environ 80 mètres de la maison. Je pense qu’il s’est tué plus tard, au moment de l’assaut sur la maison, lorsque nous avons lancé des grenades lacrymogènes à travers la fenêtre, ce qui explique pourquoi on n’a pas entendu le troisième coup de feu.” »

Légende photographique

« BORDEAUX, 17 février. – Voici la maison où André Fourquet s’était barricadé : trois coups de feu ont marqué sa mort et celle de très jeunes enfants (Téléphoto UPI) »


Torino

La Stampa, nº 40, 18/02/1969, p. 1La Stampa (nº 40), l’un des quotidiens italiens les plus diffusés, édité à Torino, dans le nord de l’Italie, publie un article de son correspondant parisien, Loris Mannucci, illustrée d’une photographie d’André Fourquet et ses enfants, à la page 11. La publication sur cinq colonnes ne nous en permet pas la reproduction ici.

Traduction P@ternet

« FIN TRAGIQUE DU SIÈGE, APRÈS DIX-SEPT JOURS

« La police intervient en force à Bordeaux

« Le forcené tire sur ses deux enfants et se tue

« Les agents interviennent avec des half-tracks – Les nerfs de l’homme cèdent  on entend trois coups de feu : tentative désespérée pour sauver les enfants (onze et treize ans) – critiques sévères de l’action des gendarmes

« (Notre service particulier)

« Paris, le 17 février

« Deux enfants âgés de onze et treize ans, Francis et Aline Fourquet, assassinés par leur père de cinquante-huit [sic] ans, ont été “sacrifiés” par la justice au nom d’un double principe : le maintien de l’ordre et le prestige de la police. Ceci, en un mot, est le drame qui bouleverse aujourd’hui des millions de Français et qui a pris fin avec quatre victimes. Le père s’est donné la mort après avoir tué ses enfants, et un policier a également été tué il y a une semaine.

« La tragédie a eu lieu dans le village de Cestas, à une vingtaine de kilomètres de Bordeaux, où la famille Fourquet a vécu pendant de nombreuses années : le père, André Fourquet, conducteur de chantier, estimé et honnête, gagnait bien sa vie et avait construit une belle maison dans les bois ; mais il était jaloux, il soupçonnait sa femme Micheline de le tromper, et la battait parfois. Il était cependant très amoureux et adorait leurs trois enfants : Chantal, Aline et Francis.

« Il y a trois ans, Micheline avait fui pour échapper à la violence de son mari, emmenant avec elle leurs trois enfants, mais l’homme l’avait retrouvée et l’avait persuadée de rentrer chez eux. En 1967, après un nouveau différend au cours duquel André l’avait presque étranglée, Micheline divorça et obtint la garde des trois enfants. André Fourquet trouva la condamnation injuste, et là est sans aucun doute l’origine du drame.

« Le premier février, André Fourquet alla chercher les enfants (le tribunal lui avait donné le droit de les voir deux fois par mois). Mais il ne les rendit pas à la mère, et la gendarmerie intervint. Lorsque les agents se présentèrent, ils furent très mal reçus. Le maire et le curé de Cestas qui allèrent voir André Fourquet peu après pour l’inciter à rendre les enfants n’eurent pas plus de succès. L’homme refusa. Enfermé dans sa maison, il ne voulait voir personne, espérant que sa femme allait revenir.

« Les provisions alimentaires commencèrent à se tarir après quelques jours, et, dans la nuit du 10 au 11 février, la fille Chantal, quatorze ans, s’enfuit en passant par une fenêtre.

« Dès ce moment, le drame se précipita. Le lendemain, une douzaine de policiers cernèrent la maison et ordonnèrent la reddition. La réponse fut : “Dites à ma femme de venir se faire tuer, et je me rends avec les enfants.” André Fourquet avertit alors qu’il se tuerait avec les enfants si on tentait de prendre la maison par la force. Et il invita les policiers à rester à l’écart. L’un d’eux, venu jusqu’à 150 mètres, fut abattu.

« Les tentatives pour inciter André Fourquet à se rendre, ou tout au moins à libérer les enfants, reprirent. Parce qu’Aline avait attrapé froid, un médecin parisien de soixante ans put entrer dans la maison et avoir une longue conversation avec son père, qui lui expliqua les raisons de son attitude et lui montra même une lettre dans laquelle la fille avait accusé sa mère ; André Fourquet voulait la garde des enfants, et le médecin promit d’intervenir. Le lendemain, il revint l’informer que le procureur avait accepté sa demande et que les enfants seraient repris à la mère.

« À ce moment, Fourquet allait céder. Il promit de prendre une décision le lendemain, mais tout avait changé quand le médecin revint. Entre temps, ayant réparé sa radio et appris que le policier était mort, il avait compris qu’il serait certainement condamné et irait en prison s’il se rendait.

« Les enfants étaient affamés, mais le commandant de la gendarmerie décida de ne plus déposer chaque matin près de la porte quelques litres de lait avec un peu de pain que le jeune Francis allait récupérer. Durant la journée de dimanche, André Fourquet accepta de laisser entrer un journaliste à qui il déclara que tout le mal venait de la justice qui avait confié les enfants à la mère sans avoir fait auparavant une véritable enquête sur son comportement. Les enfants donnèrent raison à leur père, déclarant qu’ils étaient prêts à mourir avec lui et qu’ils ne céderaient pas.

« Le soir même, les autorités décidèrent de faire prendre d’assaut la maison. Le risque que le père tue ses enfants avant de mettre fin à ses jours, comme il avait menacé de le faire, ne fut pas pris en compte. Un gendarme était mort, et un mandat d’arrêt émis contre André Fourquet. Il devait être exécuté. “La justice et la gendarmerie ont été trop ridiculisées et nous devons y mettre fin”, déclara le commandant.

« Ce matin à huit heures, après une ultime sommation suivie par la réponse négative habituelle, l’assaut a été donné par des véhicules chenillés. Quand une bombe fit sauter le verrou d’une fenêtre, les journalistes qui étaient non loin de là entendirent trois coups de feu. Peu de temps après, la police trouva trois corps ensanglantés : André Fourquet, qui avait tiré sur les enfants pendant qu’ils étaient au lit, est mort pendant son transport à l’hôpital de Bordeaux. Le petit Francis est mort en arrivant, et Aline dans l’après-midi.

« Réveillée à neuf heures, la mère des deux enfants a appris la fin tragique par la radio. Interrogée, elle a répondu comme s’il s’agissait d’une banale histoire de crime à laquelle elle était étrangère.

« Loris Mannucci. »

Légende photographique

« Une photographie dramatique prise par un journaliste reçu par le forcené quelques heures avant la tragédie. Fusil à l’épaule, André Fourquet est à la fenêtre de la ferme. Avec lui, ses enfants, Aline à gauche, et Francis (Téléphoto A.P.) »


Roma

L’Unità, nº 47, 18/02/1969, p. 1L’Unità (nº 47), organe officiel du Parti communiste italien, édité à Rome, publie une longue correspondance de Bordeaux, illustrée de deux photographies d’André Fourquet et ses enfants, en pages 1 et 5. La publication sur deux pages ne nous en permet pas la reproduction ici.

Traduction P@ternet

« Le forcené français assiégé se tue avec ses enfants

« BORDEAUX – Le siège du forcené français qui s’était barricadé dans sa maison avec ses deux enfants s’est terminé par une tragédie : il s’est tué avec ses enfants quand la police a tenté de pénétrer dans sa maison. La photographie, qui montre André Fourquet avec ses enfants, a été prise par un photographe qui avait réussi à pénétrer dans la maison de l’homme

« [suite] PAGE 5

« Le forcené français s’est tué dans sa maison assiégée après avoir abattu les enfants

« Voyant la police il commet un massacre

« Il avait menacé à plusieurs reprises de tirer en cas d’attaque – Barricadé pendant dix-sept jours – Il retenait ses enfants en otage

« La fille aînée avait réussi à fuir – Séparé de sa femme, il avait demandé qu’elle lui soit livrée pour la tuer

« La décision soudaine des autorités – L’attaque de la maison a marqué la fin tragique – Question au ministre de la justice

« BORDEAUX, 17 février

« C’est par un drame que s’est achevé le siège du forcené de Cestas. Lorsque la police a essayé de pénétrer ce matin dans sa maison, André Fourquet, l’homme de trente-huit ans qui s’était barricadé dix-sept jours dans sa ferme près de Bordeaux, s’est tué après avoir abattu avec un fusil les enfants qu’il avait pris en otage.

« L’homme et le petit Francis, onze ans, sont morts pendant le transport à l’hôpital ; la fille Aline, treize ans, est décédée quelques heures après avoir subi une intervention chirurgicale.

« La décision de donner l’assaut à la maison de Fourquet a été prise à l’issue d’une réunion des autorités judiciaires de Bordeaux et des responsables de la gendarmerie. À 7 h 50, deux half-tracks, au sein desquels avaient pris place plusieurs gendarmes équipés de casques et de gilets pare-balles, s’engagèrent sur le chemin de la maison, sous les ordres du commandant Cardeilhac. Peu après, alors que les deux véhicules étaient à 80 mètres de la maison, deux coups de feu retentirent à l’intérieur. Le commandant descendit du véhicule blindé et cria à Fourquet de se rendre. N’ayant reçu aucune réponse, il remonta à bord du véhicule, qui continua d’avancer. Par une fenêtre, la police lança des grenades lacrymogènes à l’intérieur de la maison.

« À ce moment, le commandant Cardeilhac entra dans la maison, où il trouva les deux enfants dans leur lit, dans une mare de sang, blessés à la tête comme leur père.

« Le drame a commencé le 1er février quand André Fourquet s’est barricadé dans sa maison avec ses trois enfants pour protester contre la décision d’un tribunal de confier leur garde à sa femme, dont il était séparé. La fille aînée, Chantal, quatorze ans, avait pu s’échapper dans les premiers jours du siège.

« Fourquet avait menacé de tuer tous ceux qui approcheraient son domicile et de se supprimer avec les enfants si la police – qui avait entre temps cerné la maison – essayait de pénétrer dans sa maison. Une première preuve tragique de la détermination du forcené de Cestas, comme l’a surnommé la presse française, fut donnée lorsqu’il abattit, avec un fusil à lunette, un policier qui s’était approché à 150 mètres de son domicile.

« Le siège de la police s’est poursuivi pendant dix-sept jours dramatiques, au cours desquels eurent lieu de longues et épuisantes négociations pour inciter le forcené à se rendre. Des officiers de police et le commandant des gendarmes furent admis dans la maison à plusieurs reprises.

« Obstinément, Fourquet mettait une condition à la libération des enfants : il voulait qu’on lui livre sa femme afin qu’il puisse la tuer. À d’autres moments, il demandait le temps de réfléchir.

« Jusqu’à hier, rien ne laissait présager la fin tragique. Craignant que le forcené puisse blesser les enfants, la police avait décidé de ne pas les attaquer. Les autorités semblaient convaincues que, à tout moment, Fourquet pouvait se rendre, surtout depuis que l’ordre avait été donné de suspendre la livraison de nourriture.

« Hier soir, le commandant des gendarmes avait de nouveau sommé Fourquet de se rendre, mais celui-ci avait répondu : “Jamais”, et les enfants avaient crié : “Nous sommes prêts à mourir ensemble avec notre père”. “Fourquet se comporte comme un comédien – avait dit le commandant de la police – mais maintenant le spectacle est terminé.”

« Et il a fini, de fait, mais avec une tragédie. Ce matin, à 7 h 50, les deux véhicules blindés se dirigèrent vers la maison et marquèrent le dénouement du drame.

« Dans une question adressée au ministre de la justice, le sénateur Pierre Marcilhacy, candidat à la présidence de la République, a demandé : “Qui est responsable de l’ordre donné aux gendarmes d’attaquer la maison de Fourquet, ordre dont la conséquence a été de provoquer ou de précipiter le sort tragique de deux enfants ?”

« Une question lourde que se pose aussi avec angoisse l’opinion publique française qui, ces jours-ci, a suivi à la télévision, à la radio et dans la presse le drame du forcené de Cestas et des deux petites victimes innocentes. »

Légende photographique

« CESTAS – Fourquet, armé d’un fusil, tient la police à distance par la fenêtre. Les enfants Aline et François [sic] sont à son côté (Téléphoto) »

 

Revue de presse – Pays-Bas

Amsterdam

Algemeen Handelsblad, nº 45963, 18/02/1969, p. 1L’Algemeen Handelsblad (nº 45963), quotidien libéral amstellodamois, publie un long article de son correspondant parisien, illustré de trois photographies, en page 5.

Traduction P@ternet

« ÉTRANGER

« En France, on critique sévèrement la façon dont le ministre de la justice a mis fin au siège d’un homme retranché avec ses deux enfants à Cestas (page 5)

« LE DRAME FOURQUET PROVOQUE UNE AGITATION GÉNÉRALE

« La justice française sévèrement critiquée

« (De notre correspondant)

« Paris, le 18 février

« En France, une grande agitation a lieu à propos du dénouement sanglant d’un drame que les Français ont pu suivre pendant deux semaines par leur journal, la radio et la télévision. Pas un Français qui ne connaisse le nom d’André Fourquet, un chauffeur de camion de trente-huit ans, qui s’était barricadé au début du mois avec deux de ses enfants dans une ferme près de Bordeaux, et qui a tué ses enfants avant de se suicider hier après un siège de deux semaines. Le drame, qui a un mariage malheureux comme toile de fond, a coûté au total quatre vies depuis mardi dernier, lorsque Fourquet a tué un gendarme.

« Le drame a pris des proportions nationales, d’abord en raison de son exceptionnelle durée, mais aussi parce que des enfants étaient impliqués, qui vivaient la situation comme un jeu excitant et, en tout état de cause, n’étaient pas terrorisés par leur père. Le plus jeune des deux enfants assiégés par la police, Francis, âgé de onze ans, a même crié dimanche : “Nous n’abandonnerons jamais, gendarmes. Nous mourrons d’abord.”

« L’opinion publique et la presse françaises se demandent maintenant si tout a été fait pour sauver la vie des enfants et de Fourquet. Le commandant de gendarmerie Cardeilhac, qui a participé au siège depuis le premier jour et s’est rendu plusieurs fois à la ferme pour parlementer avec son vieil ami André Fourquet, est apparu complètement épuisé hier soir à la télévision. Quand on lui a demandé si la justice avait usé des moyens appropriés pour essayer de sauver les enfants, il a répondu en sanglotant : “Je ne pense pas.”

« Beaucoup en France sont d’accord avec l’officier de gendarmerie. Le professeur Kastler, lauréat du prix Nobel, et le célèbre biologiste Jean Rostand demandent “la démission du ministre de la justice et des sanctions contre les responsables de cette sinistre opération”. Trois députés ont déjà adressé des questions écrites au ministre de la justice.

« L’affaire Fourquet a commencé il y a trois ans comme un drame banal de la jalousie. André Fourquet, qui était connu comme un travailleur acharné et un honnête homme, mais avec une propension à la violence, a accusé sa femme d’infidélité. Celle-ci à son tour l’a accusé de jalousie. Sa femme a quitté la ferme et a engagé à Bordeaux une procédure de divorce, qu’elle a réussi à gagner. Dans un premier temps, la garde des trois enfants avait été confiée à Fourquet, mais le tribunal est revenu sur sa décision au début de cette année.

« À partir de ce moment-là, tout était prêt pour un drame. Le 2 février, Fourquet a refusé de rendre à sa femme leurs enfants, qu’il avait pris avec lui dans le cadre de son droit de visite. L’aînée des enfants, une fille de quatorze ans, s’est enfuie de la ferme dans la nuit du 2 au 3 février. Fourquet a alors menacé de se tuer avec ses deux autres enfants si la police tentait de pénétrer dans sa maison. Sa seule proposition concrète était d’échanger ses enfants contre sa femme. Mais celle-ci a refusé. Elle disait avoir reçu au début de février une lettre de son ex-mari dans laquelle il l’avait appelée à revenir à la ferme. “Je vais te tuer, puis libérer les enfants.”

« Des millions de Français ont pu suivre le début de la fin sur leur écran de télévision dimanche soir. Monté sur un half-track avec un porte-voix, un officier de police a appelé Fourquet à se rendre, sinon le signal serait donné d’attaquer à tout moment. “Je comprends très bien”, a répondu Fourquet. “Vous voulez nous laisser mourir de faim. Mais nous allons mourir de balles.”

« Sur quoi l’agent de police a hurlé de nouveau : “C’est fini, Fourquet. Adieu.” Le reste de cette triste histoire est connue.

« Réactions

« À en juger par les réactions, cela est plus qu’une simple affaire de famille tragique. Dimanche, Fourquet avait encore déclaré à un journaliste qui avait réussi à approcher sa ferme : “C’est l’injustice de la justice qui m’amène à me rebeller”. Fourquet était convaincu que la justice lui avait fait une injustice en confiant à son ex-épouse ses enfants qu’il aimait beaucoup. Pour la police et le pouvoir judiciaire, Fourquet était un tueur, mais pour les psychiatres c’était un malade, contre qui la violence ne devait pas être utilisée, même s’il en usait lui-même.

« La critique des actions de la justice dans cette affaire est grande. Ce matin, Le Figaro écrit : “Pendant deux semaines, il a été traité comme une sorte de malade, qu’il était en effet sans aucun doute. Et puis, soudainement, force a dû rester à la loi.” L’affaire a aussi mis à jour la nécessité de moderniser la législation française sur le divorce et la garde des enfants. Selon Le Monde, le drame Fourquet est une illustration extrême des conséquences qui peuvent résulter d’une décision de justice qui, à tort ou à raison, n’est pas acceptée par l’une des parties. »

[Légende photographique] « Barricadé dans sa maison avec un fusil à la main, André Fourquet attend la police. Avec lui, ses enfants Francis (onze ans) et Aline (treize ans) Fourquet (à gauche). Dimanche, Fourquet a écrit dans sa maison une note qui dit : “Si ma femme revient, je relâche les gosses” (centre). Après le suicide de Fourquet, le commandant de la police Cardeilhac et le juge Ellie enquêtent sur le terrain et dans la ferme de Fourquet (à droite). »


De Waarheid, 18/02/1969, p. 1

De Waarheid, quotidien du Parti communiste des Pays-Bas, également édité à Amsterdam, publie un article très virulent à la page 3.

De Waarheid, 18/02/1969, p. 3

Traduction P@ternet

« Drame à Bordeaux

« CONSTERNATION EN FRANCE

« La démission du ministre de la justice est exigée

« La démission du ministre de la justice est largement réclamée en France, parce que l’action de la police est co-responsable de la mort de deux enfants à Cestas, près de Bordeaux.

« Les deux enfants, Aline, treize ans, et Francis, onze ans, ont été tués par leur père André Fourquet (trente-huit ans), lorsque la police a pris d’assaut sa maison hier avec trois voitures blindées, “sur les ordres des plus hautes autorités judiciaires”.

« Comme on le sait, l’homme qui s’était retranché avec ses deux enfants comme otages était un malade mental. Il avait menacé de se tuer avec les enfants si la police s’approchait, et il a exécuté cette menace hier.

« L’ensemble de la presse française est scandalisée par cette tragédie. Selon de nombreuses personnes, l’incident dont ont été victimes les deux enfants révèle bien la mentalité de la police gaulliste. Les journaux ont d’autant plus condamné l’assaut de la police que Fourquet avait averti du danger mortel auquel étaient exposés ses deux enfants.

« Un certain nombre de lauréats du prix Nobel ont exigé la démission du ministre de la justice de De Gaulle, ainsi que des “sanctions immédiates contre ceux qui sont responsables de cette opération fatidique, effectuée au nom du peuple français”. »


Breda

De Stem, nº 26048, 18/02/1969, p. 1De Stem (nº 26048), quotidien régional du sud-ouest des Pays-Bas, édité à Breda, publie un long article de son correspondant parisien à la une. L’article se poursuit à la page 7, illustré par une photographie de la ferme du Sayet. La publication sur deux pages ne nous en permet par la reproduction ici.

Traduction P@ternet

« Indignation en France après le drame de Bordeaux :

« LA POLICE A COMMIS UNE ERREUR

« (De notre correspondant à Paris)

« PARIS – Un silence de mort s’est abattu sur la ferme d’André Fourquet à Bordeaux. La gendarmerie est rentrée et les journalistes et reporters de radio ont plié leurs tentes. À l’hôpital de Bordeaux se trouvent les restes de l’agriculteur lui-même et de ses deux enfants, un garçon de onze ans, Francis, et Aline, une fille de treize ans.

« Seule reste derrière sa mère la fille de quinze ans, qui a pu échapper aux griffes de son père à temps pendant le siège et se réfugier auprès de sa mère. La femme a appris qu’elle avait perdu ses enfants quatre heures plus tard.

« Cependant, la question n’a plus d’importance. La fin du drame a suscité en France une tourmente majeure et l’indignation. Il y a déjà des questions écrites posées au gouvernement et deux célèbres professeurs, le biologiste Jean Rostand et le lauréat du prix Nobel Kastler, ont exprimé leur horreur dans une déclaration publique et exigé la démission du ministre de la Justice. L’opinion publique ne comprend pas pourquoi le signal de l’attaque de la ferme a été donné lundi matin à huit heures, lorsque les deux enfants étaient encore au lit. Beaucoup croient que la police a ainsi commis une énorme bourde. La justice et la gendarmerie pouvaient être sures que l’agriculteur ne céderait pas à la force brutale et mettrait à exécution sa menace de se tuer avec ses deux enfants.

« Plutôt mourir

« Il l’avait clairement déclaré dimanche : plutôt mourir que d’aller en prison. Son fils de onze ans l’aurait répété de sa voix enfantine. De toute évidence, on n’a pas compris ce qu’il disait. Les journalistes qui ont entendu le garçon disent qu’ils ne l’oublieront jamais.

« Dans ce triste cas, il y a deux positions diamétralement opposées : (Suite à la page 7)

« (Suite de la page 1) celle de la justice et celle des médecins. Le procureur a opté pour la position intransigeante – beaucoup disent inhumaine – selon laquelle l’agriculteur était un meurtrier parce qu’il avait tué un gendarme et devait donc être arrêté.

« Les deux enfants étaient devenus des détails. Il aurait d’abord fallu lier les mains du fermier avant qu’il ne puisse tirer sur les deux enfants. Le gendarmerie se cache à son tour derrière la loi et dit : “Nous ne sommes que le bras armé de la justice, et nous devons mener à bien ce qu’on nous dit.”

« Ce point de vue est contesté par les médecins et une grande partie de l’opinion publique. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands se sont abrités derrière le même slogan, “les ordres sont les ordres”. La France se souvient de l’horrible massacre d’Oradour, où des soldats allemands ont jeté femmes et enfants dans une église avant d’y mettre le feu.

« Face à la justice, qui a considéré André Fourquet comme un tueur et reste maintenant médusée après son acte odieux, il y a un médecin-psychiatre selon lequel l’agriculteur était un homme très malade, qui ne devait pas être traité par les gendarmes mais par les médecins. Rostand et Kastler disent que la science médicale a suffisamment de préparations chimiques pour agir temporairement sur un homme dangereux. De tels moyens auraient dû être utilisés pour Fourquet. Quand les premières bombes lacrymogènes ont été lancées lundi matin dans la cheminée et que des grenades offensives ont brisé les fenêtres et les portes de la ferme, il y avait 90 % de chances que les deux enfants innocents perdent leur vie. Dans l’opinion de beaucoup, la loi n’aurait jamais dû prendre ce risque. Maintenant que c’est arrivé, tout le monde est désolé. Mais la repentance vient toujours après le péché. »

[Légende photographique] « Ceci est la ferme où le conducteur français André Fourquet s’est retranché seize jours face à la police. Hier matin, il a tiré sur deux de ses enfants puis s’est tué. »


Groningen

Nieuwsblad van het Noorden, nº 41, 18/02/1969, p. 1Le Nieuwsblad van het Noorden (nº 41), quotidien de Groningen, au nord des Pays-Bas, publie un article de son correspondant parisien à la page 3.

Traduction P@ternet

« CRITIQUE DE LA POLICE FRANÇAISE À PROPOS DU DRAME DE CESTAS

« (De notre correspondant à Paris)

« Le dénouement catastrophique du drame du divorce à Cestas, un village près de Bordeaux, où l’agriculteur André Fourquet s’est tué hier matin avec ses deux enfants afin que ceux-ci ne retournent pas auprès de leur mère, a déclenché une tempête de protestations.

« Bien que personne ne veuille prendre la défense d’un père qui a tué deux enfants, beaucoup de Français se demandent si le commandant de la gendarmerie qui a donné l’ordre d’“attaquer”, probablement selon les instructions reçues des autorités judiciaires, n’aurait pu empêcher ce dénouement fatal. Après tout, l’agriculteur avait averti à plusieurs reprises de ses intentions, si ses assiégeants tentaient de l’arrêter.

« La Ligue française des droits de l’homme a hier immédiatement exigé du gouvernement une information complète sur les faits entourant cette tragédie, tandis qu’un député de l’opposition a même exigé la démission du ministre de la justice, qu’il considère comme responsable. »


Heerenveen

Friese Koerier, nº 131, 18/02/1969, p. 1Le Friese Koerier (nº 131), quotidien édité à Heerenveen, publie une compilation de dépêches des agences Deutsche Presse-Agentur et Reuters à la une, illustrée par une photographie de Francis et Aline Fourquet.

Traduction P@ternet

« Le drame est consommé

« Un Français a tué ses deux enfants

« PARIS (DPARtr) – Le conducteur de trente-huit ans André Fourquet a abattu hier deux de ses enfants lorsque la police, après un siège de seize jours, a pris d’assaut la ferme où il était retranché. Lorsque la police a pénétré dans la maison, Fourquet s’est tiré une balle dans la tête. Lui et son fils Francis (onze ans) sont morts sur le chemin de l’hôpital. Aline, treize ans, est décédée peu après son arrivée.

« Fourquet a tué ses enfants et lui-même avec un fusil de chasse. Le drame de Cestas, un village près de Bordeaux, avait déjà coûté la vie à un policier, abattu mardi dernier par le conducteur.

« L’issue tragique du siège soulève immédiatement la question de savoir si la police a traité correctement l’affaire. La police a déclaré qu’un assaut était manifestement le seul moyen qui lui restait après l’échec des tentatives pour amener Fourquet à se rendre. Jusqu’au dernier moment, on croyait que l’homme épargnerait ses enfants.

« Dans une question écrite au ministre de l’Intérieur Marcellin [il s’agit en fait du ministre de la justice René Capitant], le sénateur Pierre Marcilhacy a demandé qui était responsable de l’ordre de l’assaut qui “a provoqué ou précipité le sort tragique de deux enfants”. Bouqet [sic] a demandé au ministre quelles mesures il comptait prendre pour qu’un tel drame ne puisse pas se reproduire.

« La Ligue française des droits de l’homme a demandé aux autorités “de renseigner exactement l’opinion sur les conditions précises dans lesquelles le drame de Cestas a pu se dérouler”. »

Légende photographique

« Francis (onze ans) et Aline (treize ans), détenus seize jours en otages par leur père parce qu’il voulait assassiner son ex-épouse. Hier, André Fourquet a tué les deux enfants et s’est suicidé. »


leeuwarden

Leeuwarder Courant, nº 41, 18/02/1969, p. 1Le Leeuwarder Courant (nº 41), grand quotidien populaire de Leeuwarden, au nord des Pays-Bas, publie un article de son correspondant parisien à la une, illustré par une photographie de Francis et Aline Fourquet.

Traduction P@ternet

« La démission du ministre de la justice est demandée

« La France bouleversée après le drame de Bordeaux

« (De notre correspondant à Paris)

« Le dénouement du drame de Cestas, un village près de Bordeaux, où André Fourquet, un fermier âgé de quarante-sept ans [sic], s’est tué hier matin avec ses deux enfants afin que ceux-ci ne soient pas rendus à leur mère, a provoqué une grande consternation dans l’opinion publique française. Beaucoup de Français se sont demandé si le commandant de la gendarmerie, qui avait reçu hier matin des autorités judiciaires l’ordre d’“attaquer”, n’aurait pu empêcher ce dénouement fatal. Après tout, l’agriculteur avait averti à plusieurs reprises de ses intentions, si ses assiégeants essayaient de l’arrêter.

« Quelques jours plus tôt, Fourquet avait lui-même parlé de “l’injustice de la loi” à un journaliste, se référant à la décision d’un tribunal de confier leurs enfants aux soins de sa femme. Rétrospectivement, il semble qu’il y ait une part de vérité dans son indignation car la femme n’a pas versé une larme quand elle a appris hier que son ex-mari venait d’abattre ses deux enfants. Elle a paru peu surprise et a seulement dit qu’elle avait prévu cette fin horrible dès le départ.

« L’accusation contre les juges portée par Fourquet avant son acte désespéré a suscité une sorte de sympathie vague, mais répandue, dans l’opinion publique française. L’énorme publicité que la presse, la radio et la télévision ont donné à cette tragédie a eu pour effet de mettre en fâcheuse posture le pouvoir judiciaire et la gendarmerie.

« Cette menace pour le prestige de la justice a-t-elle précipité l’“attaque” de la ferme de Fourquet ? Ce résultat horrible n’aurait-il pu être évité avec davantage de patience ? Personne ne sera jamais en mesure de répondre. Mais la Ligue française des droits de l’homme a immédiatement exigé hier du gouvernement une information complète sur cette tragédie ; en même temps, un député de l’opposition a même exigé la démission du ministre de la justice. Celui-ci, selon le représentant du peuple, est directement responsable de la mort des deux enfants et du gendarme que l’agriculteur Fourquet a tué d’une balle la semaine dernière. »

Légende photographique

« Les deux enfants qui ont été abattus par leur père hier à Bordeaux. À gauche, Francis, onze ans, et à droite, Aline, treize ans. »


Leiden

Leidsch Dagblad, nº 32717, 18/02/1969, p. 1Le Leidsch Dagblad (nº 32717), quotidien édité à Leiden, publie une dépêche de l’agence de presse Groote Provinciale Dagbladen à la page 2.

Leidsch Dagblad, nº 32717, 18/02/1969, p. 2

Traduction P@ternet

« Le ministre devrait démissionner”

« L’agricultrice n’a pas versé une seule larme après la mort de son mari et des enfants

« PARIS (GPD) – Le dénouement pénible du drame du divorce à Cestas, un village près de Bordeaux, où l’agriculteur André Fourquet, comme nous l’avons déjà signalé, s’est tué hier matin avec ses deux enfants afin que ceux-ci ne soient pas rendus à leur mère, a provoqué une grande stupéfaction dans l’opinion publique française. Bien sûr, personne ne veut prendre la défense d’un père qui a tué deux enfants, mais beaucoup de Français se demandent si le commandant de la gendarmerie, qui avait reçu hier matin des autorités judiciaires l’ordre d’“attaquer”, n’aurait pu empêcher ce dénouement fatal. Après tout, l’agriculteur avait averti à plusieurs reprises de ses intentions, si ses assiégeants tentaient de l’arrêter.

« Quelques jours plus tôt, Fourquet avait lui-même parlé de “l’injustice de la loi” à un journaliste, se référant à la décision d’un tribunal de confier leurs enfants aux soins de sa femme. Rétrospectivement, il semble qu’il y ait une part de vérité dans son indignation car la femme n’a pas versé une larme quand elle a appris hier que son ex-mari venait d’abattre ses deux enfants. Elle a paru peu surprise, disant seulement qu’elle s’attendait à cette fin horrible depuis le début.

« La Ligue française des droits de l’homme a immédiatement exigé hier du gouvernement une information complète sur cette tragédie ; en même temps, un député de l’opposition a même exigé la démission du ministre de la justice, le considérant directement responsable de la mort des deux enfants et du gendarme que l’agriculteur Fourquet a tué d’une balle la semaine dernière. »


Nieuwe Leidse Courant, 18/02/1969, p. 1Le Nieuwe Leidse Courant, autre quotidien de Leiden, publie une photographie de Francis et Aline Fourquet à la une, et une correspondance de Bordeaux à la page 5.

Traduction P@ternet

« Drame à Bordeaux

« André Fourquet, un conducteur de cinquante-huit ans [sic], s’est tué hier matin avec deux de ses enfants quand la police française a cru bon d’assaillir sa ferme après un siège de seize jours. Sur la photographie, les deux enfants, à gauche Francis, onze ans, à droite Aline, treize ans. (Voir plus loin dans ce numéro)

« UN HOMME SE TUE AVEC SES DEUX ENFANTS

« Vague de protestations après la tragédie de Bordeaux

« BORDEAUX – La France connaît une vague de protestations après la décision prise par la police de se saisir par la force du conducteur André Fourquet (trente-huit ans) dans une ferme isolée. Retranché dix-sept jours dans sa ferme, l’homme a tiré avec son fusil de chasse une balle dans la tête de son fils Francis (onze ans) et de sa fille Aline (treize ans). Celle-ci est décédée quelque temps plus tard. Leur père s’est suicidé.

« Les dirigeants du Mouvement communautaire français, le biologiste Jean Rostand et le lauréat du prix Nobel Alfred Kastler, parlent d’un scandale. Ils exigent la démission du ministre de la justice. Des députés ont posé des questions par écrit au ministre.

« Le sénateur Pierre Marcilhacy demande expressément au ministre le nom de l’homme qui a donné l’ordre de l’assaut. La Ligue française des droits de l’homme a demandé aux autorités “de renseigner exactement l’opinion sur les conditions précises dans lesquelles le drame de Cestas a pu se dérouler”.

« Le drame dans ce village près de Bordeaux avait déjà tué un policier, qui a été abattu mardi dernier. Hier matin, après la mort des trois Français, la police a déclaré qu’un assaut était le seul moyen qui pouvait encore être utilisé.

« Tout a été fait

« Le colonel Lepoivre, commandant régional de la gendarmerie, a dit : “Nous étions face à un meurtrier qui avait tué un policier. Toutes les tentatives humainement possibles avaient été faites ces deux dernières semaines.”

« Avant que la police française ne monte à l’assaut de la ferme isolée avec des véhicules blindés, un officier de la gendarmerie avait appelé le conducteur à se rendre avec les enfants. Cela ne se produisant pas, l’assaut a alors été donné.

« André Fourquet avait réussi à prendre dans sa maison ses trois enfants, qui avaient été confiés à Mme Fourquet après leur divorce. La fille aînée Chantal (quatorze ans) avait réussi à s’échapper. »

Légende photographique

« La ferme où André Fourquet s’est retranché seize jours avant l’action de la police, et où il a commis son acte tragique. »


Rotterdam

Het Vrije Volk, nº 7177, 18/02/1969, p. 1Het Vrije Volk (nº 7177), quotidien social-démocrate de Rotterdam, publie un article de son correspondant parisien à la une, illustré par des photographies d’Aline et Francis Fourquet.

Het Vrije Volk, nº 7177, 18/02/1969, p. 1

Traduction P@ternet

« TEMPÊTE DE PROTESTATION APRÈS LE MASSACRE

« (De notre correspondant à Paris)

« La maison isolée dans les bois de Cestas est vide : André Fourquet et les enfants Aline et Francis sont morts. Leur père leur a tiré dans la tête, puis a collé le canon du fusil dans sa bouche et a appuyé sur la gâchette pour la dernière fois. Lorsque deux ambulances arrivèrent à l’hôpital de Bordeaux, seule survivait encore Aline. Les médecins ont essayé de retirer la balle sur la table d’opération en urgence : l’enfant est mort.

« En France, un tollé a éclaté. Le lauréat du prix Nobel Alfred Kastler et l’académicien Jean Rostand (célèbre biologiste et humaniste) ont été jusqu’à demander la démission du ministre de la justice René Capitant.

« “Il y a maintenant des agents chimiques qui permettent de capturer les plus dangereux malades mentaux sans violence”, dit leur message.

« Des parlementaires ont posé des questions par écrit au ministre : “Faut-il qu’en 1969 un divorce dramatique se termine dans un bain de sang avec un total de quatre morts ?”

« Le sénateur français Pierre Marcilhacy – candidat à la présidence – écrit : “Qui diable a donné l’ordre d’une telle action ? »

« La Ligue française des droits de l’homme exige “que l’opinion publique française soit pleinement informée sur les motivations des autorités quant à cette action brutale”.

« Des centaines de personnes ont appelé les stations de radio. Un psychiatre de prison a expliqué sur la station Europe 1 comment les médecins procédaient d’ordinaire pour contrôler la volonté de gens semblables. “Vous utilisez un nébuliseur, pas plus grand qu’un crayon, avec un agent chimique. Il paralyse toutes leurs réactions pour une période de deux à trois minutes, sans effets néfastes sur leur santé. Ce temps est suffisant pour les maîtriser.”

« Pour la justice, cependant, Fourquet n’était pas un malade mais un meurtrier. “Il a tiré un total de quatre-vingts cartouches”, a déclaré un officier de police lundi soir. »


Sittard

Limburgs Dagblad, nº 96, 18/02/1969, p. 1Le Limburgs Dagblad (nº 96), quotidien de Sittard, au sud des Pays-Bas, publie un long article de son correspondant parisien à la une, illustré par deux photographies.

Traduction P@ternet

« L’ASSAUT SE TERMINE AVEC UN TRIPLE ASSASSINAT

« (De notre correspondant)

« PARIS, le 18 février. – Le dénouement du drame conjugal – ou plutôt du drame du divorce dans le village de Cestas, près de Bordeaux, où l’agriculteur André Fourquet a tué hier matin ses deux enfants afin qu’ils ne retournent ps auprès de leur mère, a jeté la plus grande consternation dans l’opinion publique française. Bien entendu, personne ne veut prendre la défense d’un père qui a tué deux enfants, mais beaucoup de Français se demandent si le commandant de la gendarmerie, qui a reçu hier matin des autorités judiciaires l’ordre d’“attaquer”, n’aurait pu empêcher ce dénouement fatal. Ce d’autant que l’agriculteur avait averti à plusieurs reprises de ses intentions, si ses assiégeants tentaient de l’arrêter.

« Quelques jours plus tôt, Fourquet avait lui-même parlé à un journaliste de “l’injustice de la loi”, se référant à la décision d’un tribunal de confier leurs enfants aux soins de sa femme. Rétrospectivement, il semble qu’il y avait une part de vérité dans son indignation, car la femme n’a pas versé une larme quand elle a appris hier que son ex-mari venait d’abattre ses deux enfants. Elle a paru peu surprise, disant seulement qu’elle s’attendait à cette fin horrible depuis le début.

« La Ligue française des droits de l’homme a demandé hier au gouvernement de donner immédiatement une information complète sur les faits entourant cette tragédie.

« Le triple assassinat a été le résultat d’une attaque avec des bombes de gaz lacrymogène que les gendarmes avaient utilisées une demi-heure plus tôt dans le but d’expulser le fermier de sa forteresse assiégée.

« Fourquet a alors saisi son fusil et a tiré deux coups de feu sur ses enfants, qui étaient encore couchés dans leur lit. Puis il s’est tiré une balle dans la tête.

« Dimanche après-midi, le commandant de la gendarmerie lui avait lancé un ultimatum au nom du tribunal de Bordeaux, l’enjoignant de se rendre dans une demi-heure avec ses enfants. La réponse vint quelques minutes plus tard de la fille Aline, âgée de treize ans, qui s’approcha à quelques pas des gendarmes. Cette réponse était aussi franche que le refus dramatique. “Jamais, nous ne nous rendrons jamais. Nous mourrons plutôt que de capituler.” C’est ce qui s’est passé.

« Il y a plus de deux semaines, Fourquet avait enlevé sa fille Aline, âgée de treize ans, et son fils Francis, âgé de onze ans, à leur mère, dont il était divorcé. Celle-ci – décrivant son mari comme violent – avait demandé et obtenu provisoirement la garde de ses deux enfants. Après l’enlèvement de ses deux enfants, l’agriculteur s’était retranché avec eux dans une petite ferme, où il avait un fusil avec une grande quantité de munitions. Lors d’une tentative pour délivrer les enfants la semaine dernière, l’un des gendarmes avait été abattu comme un lapin sauvage par l’agriculteur Fourquet, de sorte que ses assiégeants – voulant, bien sûr, sauver les enfants avant tout – s’étaient bien gardés d’approcher à nouveau la ferme.

« Aux yeux des deux enfants, le père a joué apparemment le rôle du héros romantique d’un film, défiant tout un bataillon de gendarmerie, d’autant que le spectacle était retransmis dans toute la France par la télévision et la presse. Fourquet avait exigé comme condition de leur libération la promesse que ses enfants seraient toujours avec lui. Une promesse que ne pouvaient faire les autorités judiciaires après que l’agriculteur eût tué un policier. »

Légende photographique

« Ci-dessus : André Fourquet, photographié il y a quelques mois entre ses enfants : Francis à gauche, Aline à droite. Fourquet a entre les genoux l’arme avec laquelle il tué les enfants et lui-même. Ci-dessus : un gendarme bouleversé dans la cour de la ferme de Fourquet. Le siège est terminé. »


Vlissingen

Provinciale Zeeuwse Courant, nº 40, 18 février 1969, p. 1Le Provinciale Zeeuwse Courant (nº 40), quotidien régional de Zélande, au sud-ouest des Pays-Bas, édité à Vlissingen, publie une longue correspondance de Paris à la page 3, illustré par une photographie de la ferme du Sayet.

Traduction P@ternet

« APRÈS L’ATTAQUE AVEC GAZ LACRYMOGÈNES PAR LA GENDARMERIE

« L’agriculteur assiégé en France a tué ses deux enfants, puis s’est suicidé

« Retranchés quinze jours dans une ferme

« PARIS – C’est lundi matin que s’est dénoué le drame du divorce, au cours duquel un fermier de quarante ans, André Fourquet, s’était retranché pendant quinze jours et quinze nuits avec ses deux enfants dans sa ferme à Cestas, près de Bordeaux, refusant de se rendre aux gendarmes qui avaient entouré son bastion.

« L’épilogue de cette tragédie a été signifié par trois nouveaux coups de feu que l’agriculteur a tiré – d’abord sur ses deux enfants, puis sur lui-même. Tous trois ont perdu la vie. Ce triple assassinat a été la conséquence d’une attaque avec des bombes de gaz lacrymogène menée par les gendarmes une demi-heure plus tôt dans le but d’expulser le fermier de sa forteresse assiégée. Fourquet a alors une fois de plus eu recours au fusil et il a tiré deux coups de feu sur ses enfants, qui étaient encore couchés dans leur lit. Puis il s’est tiré lui-même une balle dans la tête.

« Initialement, Fourquet retenait aussi sa fille aînée, quatorze ans, Chantal, comme otage. Mais elle avait rapidement réussi à s’échapper et informer la police de ce qui se passait.

« Ultimatum

« Dimanche après-midi, le commandant de la gendarmerie lui avait lancé au nom du tribunal de Bordeaux un ultimatum de se rendre à lui dans une demi-heure avec ses enfants. La réponse était venue quelques minutes plus tard, de sa fille de treize ans, Aline, que les gendarmes avaient approchée à quelques pas. Cette réponse était aussi franche que le refus dramatique. “Jamais, nous ne nous rendrons jamais. Plutôt mourir que nous rendre.” Il y a plus de deux semaines, Fourquet avait retiré sa fille de treize ans, Aline, et son fils Francis, âgé de onze ans, à leur mère, qui avait divorcé de son mari – qui a été décrit comme un fou violent – et qui avait été provisoirement autorisée à garder les deux enfants avec elle. Depuis l’enlèvement de ses deux enfants, l’agriculteur s’était retranché avec eux dans une petite ferme, avec un fusil et une grande quantité de munitions.

« Dans une tentative pour délivrer les enfants la semaine dernière, l’un des gendarmes a été abattu par l’agriculteur Fourquet, car ses assiégeants – qui voulaient bien sûr, avant tout, sauver les enfants – s’étaient approchés très près de la ferme à deux ou trois reprises.

« Otages

« Les enfants servaient d’otages au père, derrière lesquels il se protégeait de ses assiégeants. Jour et nuit, l’agriculteur Fourquet était surveillé par cinquante gendarmes, équipés de projecteurs, de systèmes de sonorisation, et même de chars légers – comme s’ils avaient été mobilisés pour une véritable guérilla – alors que les deux parties étaient liées par une complicité quelque peu étrange. Il avait ainsi été convenu que l’agriculteur tirerait deux coups de feu en l’air s’il avait besoin de l’aide de ses assiégeants pour du carburant ou de la nourriture. On l’a vu ensuite, lui ou son fils, quitter l’abri et faire quelques pas pour récupérer du lait, un panier de pain, ou pour déposer un seau à charbon qui, quelques minutes plus tard, était soigneusement rempli par les gendarmes. Il y a eu aussi un médecin de soixante ans, venu de Paris, qui s’est porté volontaire comme messager ou agent de liaison pour tenter de convaincre le fermier de lui confier ses enfants, qui seraient ensuite envoyés dans un orphelinat. Mais cette mission n’a pas abouti, de même que les appels personnels du procureur de la République.

« “Héros de cinéma”

« Dans les yeux des deux enfants, dont on faisait peu de cas jusqu’à hier matin, le père tenait apparemment le rôle d’un héros de film romantique tenant tête à un bataillon de gendarmerie et dont les prouesses étaient en plus diffusées dans toute la France par la télévision, le téléphone et la presse. Fourquet avait mis comme condition à sa reddition la promesse d’avoir toujours la garde de ses enfants. Une promesse que ne pouvaient pas donner les autorités judiciaires, bien sûr, d’autant que l’agriculteur était le meurtrier d’un policier.

« La grande crainte que toute la France, qui s’est passionnée pour ce drame dans les forêts de pins enneigées des Landes, souhaitait voir dissipée était que l’agriculteur touche à ses deux enfants avant de capituler. C’est bien ce qui est arrivé lundi matin. Fourquet avait déjà beaucoup d’actes de violence sur la conscience. Ses voisins villageois et sa femme avaient déjà prédit qu’il ne reculerait devant aucun crime pour éviter de reconnaître ses torts.

[Légende photographique] « BORDEAUX – Le conducteur de cinquante-huit ans André Fourquet a tiré lundi sur deux de ses enfants puis s’est suicidé lorsque la police a pris d’assaut sa ferme où il s’était retranché, après un siège de seize jours. La photo montre la ferme où s’est déroulé le drame. »


Zierikzee

Zierikzeesche Nieuwsbode, nº 20151, 18 février 1969, p. 1Le Zierikzeesche Nieuwsbode (nº 20151), autre quotidien régional de Zélande, édité à Zierikzee, publie ce qui semble être une dépêche d’agence à la page 3.

Zierikzeesche Nieuwsbode, nº 20151, 18 février 1969, p. 3

Traduction P@ternet

« Le drame à Bordeaux

« PARIS, 17-2. Le conducteur de cinquante-huit ans André Fourquet a abattu deux de ses enfants lundi lorsque la police a pris d’assaut la ferme où il s’était retranché après un siège de seize jours. Lorsque la police a pénétré dans la maison, Fourquet s’est tiré une balle dans la tête. Lui et son fils Francis, onze ans, sont morts sur le chemin de l’hôpital. Aline, treize ans, est décédée peu après son arrivée. »

 

Revue de presse – Suisse

La Chaux-de-Fonds

L’Impartial, nº 27960, 18/02/1969, p. 1L’Impartial (nº 27960), quotidien suisse édité à La Chaux-de-Fonds, dans le canton de Neuchâtel, publie une dépêche de l’agence Associated Press sur les deux tiers de la page 17, illustrée par une photographie d’André Fourquet et ses enfants.


Le Peuple – La Sentinelle, nº 39, 18/02/1969, p. 1Le Peuple – La Sentinelle (nº 39), quotidien socialiste suisse également édité à La Chaux-de-Fonds, publie une dépêche de l’Agence France Presse à la page 6.

Le Peuple – La Sentinelle, nº 39, 18/02/1969, p. 6


Fribourg

La Liberté, nº 115, 18/02/1969, p. 1La Liberté (nº 115), quotidien catholique-conservateur édité à Fribourg, capitale du canton éponyme, publie une dépêche de l’Agence France Presse à la une, illustrée par une photographie d’André Fourquet et ses enfants.


Lausanne

Feuille d’Avis de Lausanne, nº 40, 18/02/1969, p. 1La Feuille d’Avis de Lausanne (nº 40), quotidien de Suisse romande édité à Lausanne, capitale du canton de Vaud, publie une dépêche de l’Agence France-Presse à la une, une autre de l’agence United Press International ainsi qu’une correspondance de Paris à la page 3 de ses différentes éditions. La publication sur deux pages ne nous en permet pas la reproduction ici.


Nouvelle Revue de Lausanne, nº 40, 18/02/1969, p. 1La « fin atroce du siège de Cestas » est au cœur de la une de la Nouvelle Revue de Lausanne (nº 40), quotidien suisse de langue française également édité à Lausanne. On y apprend aussi que « Jean Rostand réclame la démission du ministre de la Justice ». Une dépêche de l’Agence France Presse est publiée à la page 6. La publication sur deux pages ne nous en permet pas la reproduction ici.


Tribune de Lausanne – Le Matin, nº 49, 18/02/1969, p. 1Une dépêche de l’Agence France Presse illustrée par deux photographies occupe le quart de la une de la Tribune de Lausanne – Le Matin (nº 49), autre quotidien suisse de langue française édité à Lausanne.


Neuchâtel

Feuille d’avis de Neuchâtel, nº 40, 18/02/1969, p. 1La Feuille d’avis de Neuchâtel (nº 40), quotidien suisse de langue française publié à Neuchâtel, chef-lieu du canton éponyme, publie une longue dépêche de l’agence Associated Press sur deux pages, le début à la une avec deux photographies, la fin à la page 24. Le ton est beaucoup plus virulent que dans les autres cantons et la question « QUI EST RESPONSABLE DE CETTE TRAGÉDIE ? » clairement posée. La publication sur deux pages ne nous en permet pas la reproduction ici.


Sion

Le Confédéré quotidien, nº 40, 18/02/1969, p. 1Le Confédéré quotidien (nº 40), quotidien d’opinion édité par le parti radical-démocratique valaisan à Sion, publie une dépêche de l’Agence France Presse à la page 6.


Nouvelliste et Feuille d’avis du Valais, nº 40, 18/02/1969, p. 1Toujours à Sion, le quotidien régional francophone Nouvelliste et Feuille d’avis du Valais (nº 40) publie à peu près la même dépêche à la page 19.


Zurich

Die Tat, nº 41, 18/02/1969, p. 1Die Tat (nº 41), quotidien suisse de langue allemande édité à Zurich, capitale du canton éponyme, publie une compilation de dépêches des agences United Press International et Associated Press à la page 14.

Traduction P@ternet

« Le siège de Bordeaux s’achève en tragédie

« Meurtre et suicide après quinze jours de siège

« Bordeaux : c’est avec la mort d’un enfant de onze ans, Francis, la blessure mortelle de sa sœur de treize ans, Aline, et le suicide de leur père André Fourquet qu’a pris fin lundi matin une tragédie qui a commencé le 2 février. Il y a quinze jours, un ouvrier de construction âgé de cinquante-huit ans, qui était considéré comme fou, s’était barricadé avec ses trois enfants dans une ferme isolée près de Bordeaux. Il menaçait avec une arme à feu tous ceux qui approchaient, et exigeait que son ex-femme se suicide sous ses yeux afin qu’elle ne puisse plus prendre leurs enfants.

« Toutes les tentatives de persuasion ayant été infructueuses, la police a essayé de récupérer les enfants par la force lundi matin. Un véhicule blindé avec des gendarmes lourdement armés avait déjà été positionné près de la maison dimanche. Lundi, peu après 8 heures, alors que trois convoyeurs de troupes avec des gendarmes approchaient la maison, trois coups de feu ont retenti à l’intérieur. Les agents ont jeté des gaz lacrymogènes par la cheminée, puis ont pris d’assaut le bâtiment.

« Ils ont trouvé Francis, onze ans, et sa sœur Aline, plus âgée de deux ans, dans leur sang. Leur père s’était également grièvement blessé en tentant de se suicider. Tous trois étaient encore en vie et ont été rapidement conduits à un hôpital, mais le petit Francis et son père sont morts pendant le transfert. Aline est décédé plus tard à l’hôpital.

« À l’origine, Fourquet s’était barricadé avec trois enfants dans la maison. Sa fille aînée Chantal, quatorze ans, avait cependant réussi à s’échapper au cours d’une des premières nuits du siège. Fourquet, qui travaillait comme contremaître, voulait protester par son action contre une ordonnance du tribunal qui avait accordé la garde des enfants à son ex-femme.

« Au cours de la semaine dernière, des agents de police, un médecin et d’autres personnes ont tenté de négocier avec Fourquet pour le convaincre de libérer les enfants. Après chaque tractation, l’assiégé demandait plus de temps pour y réfléchir. Fourquet menaçait avec un fusil toute personne qui approchait la maison sans son consentement. Il y a six jours, il avait tiré sur un officier de police qui était venu près de lui. Dimanche, la police a commencé à perdre patience. Un officier de gendarmerie a dit : “Fourquet s’est comporté comme une star de cinéma, mais maintenant le film est fini.” (upi/ap)

[Légende photographique] « André Fourquet et ses deux enfants. Francis (à gauche) est mort sur le chemin de l’hôpital. Aline est morte à l’hôpital. »

 

Revue de presse – Tchécoslovaquie

Bratislava

Új Szó, Vol. XXII, nº 41, 18/02/1969, p. 1Le Új Szó (vol. XXII, nº 41), quotidien slovaque de langue hongroise édité par le Parti communiste slovaque à Bratislava, publie à la page 8 une dépêche semblable à celles que nous avons déjà lues plus haut dans la presse hongroise.

Új Szó, Vol. XXII, nº 41, 18/02/1969, p. 8

Traduction P@ternet

« C’est par un drame choquant qu’a pris fin la tentative de chantage d’André Fourquet, divorcé de sa femme et bien connu par ses scandales, retranché dans leur maison, dans la région de Bordeaux. Il était barricadé depuis quinze jours dans sa maison avec deux jeunes enfants et menaçait de se tuer avec eux si la police s’approchait. Après avoir discuté en vain avec Fourquet, les autorités ont changé de tactique lundi matin et deux véhicules chenillés se sont approchés de la maison ; quand les policiers ont pris d’assaut la maison, ils ont entendu trois coups de feu. Après avoir ouvert la porte avec des grenades, les policiers ont trouvé le père et ses deux enfants gisant au sol et baignant dans leur sang. Fourquet s’était tiré une balle dans la tête et il est mort en quelques minutes. Gravement blessés, les deux enfants ont été transportés immédiatement à l’hôpital. L’un d’eux est mort en chemin. »

 

Revue de presse – Canada

Calgary

The Calgary Herald, 18/02/1969, p. 1The Calgary Herald, quotidien canadien anglophone édité à Calgary, plus grande ville de la province canadienne de l’Alberta, publie une dépêche de l’agence de presse Reuters à la page 8.

The Calgary Herald, 18/02/1969, p. 3


Prince George

The Citizen, Vol. 13, nº 34, 18/02/1969, p. 1The Citizen (Vol. 13, nº 34), quotidien canadien anglophone édité à Prince George, en Colombie britannique, publie une dépêche de l’agence The Canadian Press à la page 5.


Vancouver

The Sun, vol. LXXXIII, nº 116, 18/02/1969, p. 1The Sun (vol. LXXXIII, nº 116), quotidien édité à Vancouver, la plus grande ville de Colombie britannique, publie une dépêche de l’agence de presse Reuters à la page 7.

The Sun, vol. LXXXIII, nº 116, 18/02/1969, p. 7


Winnipeg

The Winnipeg Tribune, nº 42, 18/02/1969, p. 1The Winnipeg Tribune (nº 42), quotidien édité à Winnipeg, capitale de la province canadienne du Manitoba, publie une dépêche de l’agence The Canadian Press à la page 3.


Montréal

Le Devoir, vol. LX, nº 40, 18/02/1969, p. 1Le Devoir (vol. LX, nº 40), quotidien édité à Montréal, dans la province canadienne de Québec, publie une dépêche de l’Agence France Presse à la page 11.

Le Devoir, vol. LX, nº 40, 18/02/1969, p. 11


Québec

Quebec Chronicle-Telegraph, nº 203, 18/02/1969, p. 1Le Quebec Chronicle-Telegraph (nº 203), quotidien anglophone de Québec, capitale de la province canadienne éponyme, publie une dépêche de l’agence The Canadian Press à la page 12. Le piteux état de la coupure de presse en notre possession nous permet seulement d’en reproduire le texte ici.

« French Police Handling Of Farmhouse Siege Criticized

« BORDEAUX, France (CP) – Sharp questions were asked Monday about police handling of a farmhouse siege which ended with a man shooting to death himself and his two children.

« Andre Fourquet, 38-year-old bulldozer operator, fired the fatal shots Monday moments before police burst into the blood-spattered farmhouse where he had barricaded himself with the children for nine days.

« Police found Fourquet and his two children — 11-year old son Francis and 13-year old daughter Aline — with bullet holes in the head.

« Francis was dead when police smashed their way into the isolated house after advancing through surrounding woods in armored vehicles and tossing tear gas grenades into the building through loose shutter. Aline died later in hospital.

« Fourquet, who pledged to stay in the house until his estranged wife came and let him kill her, was taken for dead at first and his body was covered with blanket.

« A few minutes later police heard him groan and rushed him to hospital in an ambulance. But he was dead on arrival.

« KILLED POLICEMAN

« Fourquet used his hunting rifle last Tuesday to kill a policeman outside the besieged farmhouse.

« The tragedy immediately raised questions about police handling of the siege.

« Police insisted that a direct assault on the house was the only course open to them after attempts to lure Fourquet outside failed.

« But Senator Pierre Marcilhacy, a candidate for the presidency in the 1965 election, immediately asked Interior Minister Raymond Marcellin [il s’agit en fait du ministre de la justice René Capitant] to name the person responsible for the order to attack.

« Centrist Deputy Roland Bouquet [sic] presented a written parliamentary question asking what steps would be taken to ensure the Fourquet drama could not occur again.

« The French League for Human Rights issued a statement calling on authorities to “inform the public exactly on the precise circumstances under which the drama at Cestas took place.”

« A police spokesman told reporters police had acted on the assumption Fourquet would spare the children. »

 

Revue de presse – États-Unis

Montgomery

The Montgomery Advertiser, nº 42, 18/02/1969, p. 1The Montgomery Advertiser (nº 42), quotidien de Montgomery, la capitale de l’Alabama, publie une longue dépêche de l’agence Associated Press à la page 8.


Los Angeles

Los Angeles Times, vol. LXXXVIII, 18/02/1969, p. 1Le Los Angeles Times (vol. LXXXVIII), le grand journal de Los Angeles, en Californie, un des plus importants quotidiens américains, publie une dépêche de l’agence Associated Press à la page 5.

Los Angeles Times, vol. LXXXVIII, 18/02/1969, p. 5


Hartford

The Hartford Courant, vol. CXXXII, nº 49, 18/02/1969, p. 1The Hartford Courant (vol. CXXXII, nº 49), le plus important quotidien du Connecticut, édité dans la capitale Hartford, publie une dépêche de l’agence Associated Press à la page 17.

The Hartford Courant, 18/02/1969, p. 17


Sioux-Falls

Argus-Leader, 18/02/1969, p. 1L’Argus-Leader, le plus important quotidien du Dakota du Sud, édité dans la plus grande ville de l’état, Sioux-Falls, publie une dépêche de l’agence Associated Press à la page 2.

Argus-Leader, 18/02/1969, p. 2


Orlando

Orlando Sentinel, vol. 84, nº 281, 18/02/1969, p. 1L’Orlando Sentinel (vol. 84, nº 281), principal quotidien d’Orlando, au centre de la Floride, publie une dépêche de l’agence de presse Reuters à la une de ses différentes éditions.

Orlando Sentinel, vol. 84, nº 281, 18/02/1969, p. 1


Cocoa

Today, 18/02/1969, p. 1Today, quotidien édité à Cocoa, en Floride, publie une dépêche de l’agence Associated Press à la page 8A.

Today, 18/02/1969, p. 8A


Tampa

The Tampa Tribune, nº 49, 18/02/1969, p. 1Toujours en Floride, à Tampa, au sud-ouest d’Orlando, le quotidien The Tampa Tribune (nº 49) publie une dépêche de l’agence United Press International à la page 4A.


Atlanta (Georgia)

The Atlanta Constitution, vol. 101, nº 207, 18/02/1969, p. 1The Atlanta Constitution (vol. 101, nº 207), principal quotidien d’Atlanta, capitale de la Géorgie, publie une dépêche de l’agence United Press International à la page 2.

The Atlanta Constitution, vol. 101, nº 207, 18/02/1969, p. 2


Decatur

Decatur Herald, vol. 90, nº 41, 18/02/1969, p. 1Le Decatur Herald (vol. 90, nº 41), quotidien édité à Decatur, au centre de l’Illinois, publie une dépêche de l’agence Associated Press à la page 11.

Decatur Herald, vol. 90, nº 41, 18/02/1969, p. 11


Edwardsville

Edwardsville Intelligencer, 18/02/1969, p. 1L’Edwardsville Intelligencer, quotidien édité à Edwardsville, au sud-ouest de l’Illinois, publie une dépêche de l’agence Associated Press à la page 2. La dépêche est d’hier, et le correcteur a laissé passer un anachronisme (« Monday », « this morning »).

Edwardsville Intelligencer, 18/02/1969, p. 2


Mount Vernon

Mt. Vernon Register-News, vol. XLIX, nº 119, 18/02/1969, p. 1Le Mt. Vernon Register-News (vol. XLIX, nº 119), quotidien édité à Mount Vernon, au sud de l’Illinois, publie une des photographies prises par Jean-Gérard Maingot dimanche et diffusée par l’agence Associated Press à la page 2-A, avec une légende.


Indianapolis

The Indianapolis Star, vol. 66, nº 258, 18/02/1969, p. 1The Indianapolis Star (vol. 66, nº 258), quotidien édité à Indianapolis, capitale de l’Indiana, publie une dépêche de l’agence United Press International à la page 46.

The Indianapolis Star, vol. 66, nº 258, 18/02/1969, p. 46


Richmond

The Palladium-Item and Sun-Telegram, vol. 139, nº 41, p. 1The Palladium-Item and Sun-Telegram, quotidien édité à Richmond, à l’est de l’Indiana, publie une dépêche de l’agence United Press International à la page 14.

The Palladium-Item and Sun-Telegram, vol. 139, nº 41, p. 14


Louisville

The Courier-Journal, vol. 228, nº 49, 18/02/1969, p. 1The Courier-Journal (vol. 228, nº 49), principal quotidien de Louisville, la plus grande ville du Kentucky, publie une dépêche de l’agence Associated Press à la page A3.

The Courier-Journal, vol. 228, nº 49, 18/02/1969, p. A3


Shreveport

The Shreveport Times, vol. 98, nº 83, 18/02/1969, p. 1-AThe Shreveport Times (vol. 98, nº 83), quotidien de Shreveport, au nord-ouest de la Louisiane, publie une dépêche de l’agence Associated Press à la page 11-A de ses deux éditions.

The Shreveport Times, vol. 98, nº 83, 18/02/1969, p. 11-A


Alexandria

Alexandria Daily Town Talk, vol. 86, nº 338, 18/02/1969, p. A-1L’Alexandria Daily Town Talk (vol. 86, nº 338), le plus grand journal du centre de la Louisiane, édité à Alexandria, publie une dépêche de l’agence United Press International à la page B-10.


Lewiston

The Lewiston Daily Sun, vol. 76, 18/02/1969, p. 1The Lewiston Daily Sun (vol. 76), quotidien édité à Lewiston, dans le Maine, publie une dépêche de l’agence Associated Press à la page 14. Le piteux état de la coupure de presse en notre possession nous permet seulement d’en reproduire le texte ici.

« Frenchman Kills Self, Two Tots to End a Siege

« BORDEAUX, France (AP) – A French construction foreman killed himself and two of his children Monday – as he had threatened – when police with armored cars moved in on the house where the family had been barricaded for 17 days.

« News of the deaths of Andre Fourquet, 38, his son Francis, 11, and daughter Aline, 13, touched off a storm of protest. Many people assailed the police decision to take the isolated farmhouse despite Fourquet’s threat to kill himself and children if force was used.

« Fourquet barricaded himself and his three children in the house Feb. 1 to defy a judicial order awarding his divorced wife custody of the children. An older daughter, Chantal, 14, escaped one night.

« A police officer pleaded with Fourquet Sunday to give himself up and warned, “This is the last time I will talk to you before the assault.”

« Fourquet shot back, “Go ahead. I’ll kill the children and myself after them.”

« As the armored vehicles moved up to about 80 yards from the house, three shots rang out.

« Shattering a window shutter and lobbing tear gas grenades through the opening, the police went in.

« Fourquet was dead. Francis died on the way to the hospital. Aline died a few hours later.

« The French Community Movement called for “the resignation of the minister of justice and immediate sanctions with regard to those responsible for this sinister operation carried on in the name of the French people.”

« When the divorce action was started in 1967, the three Fourquet children were placed in an institution. Fourquet took them to his house for a visit and refused to return them. He threatened police, but finally gave in and served a six-month prison sentence.

« When the couple was divorced, custody of the children was given to the mother, but Fourquet was permitted twice-monthly visits. He took the children to his home Feb. 1.

« When police went to the house Feb. 3 to get them back, Fourquet refused and fortified the house. He fired on anything that moved outside and on Feb. 11 killed a policeman.

« Efforts to get Fourquet to give up, or at least let the children leave unharmed, were unsuccessful.

« Electricity had long been cut off and food supplies had been exhausted. Visitors to Fourquet last week took milk and cookies for the children.

« Orders were given Sunday to cut off food supplies. »


Cumberland

The Cumberland News, vol. 32, nº 109, 18/02/1969, p. 1The Cumberland News (vol. 32, nº 109), quotidien édité à Cumberland, dans le Maryland, publie une dépêche de l’agence United Press International à la une.

The Cumberland News, vol. 32, nº 109, 18/02/1969, p. 1


Baltimore

The Sun, vol. 264, nº 79, 18/02/1969, p. A1The Sun (vol. 264, nº 79), le plus important quotidien du Maryland, édité à Baltimore, la plus grande ville de l’état, publie un article de sa correspondante parisienne, Patricia Pullan, à la page A3.

The Sun, vol. 264, nº 79, 18/02/1969, p. A3

Patricia Pullan à l'entrée de son bureau parisien, janvier 1969 (© The Baltimore Sun)

Patricia Pullan à l’entrée de son bureau parisien, janvier 1969 (© The Baltimore Sun)


New Bedford

Diário de Notícias, nº 15461, 18/02/1969, p. 1Le Diário de Notícias (nº 15461), quotidien américain en langue portugaise édité à New Bedford, dans le Massachusetts, publie un article à la page 4.

Diário de Notícias, nº 15461, 18/02/1969, p. 4

Traduction P@ternet

« UN TRAGIQUE DRAME FAMILIAL SURVENU HIER EN FRANCE

« PARIS – Cerné par la police dans une ferme isolée où il détenait deux enfants, un homme a exécuté hier la menace qu’il avait faite de tuer les enfants et mettre fin à sa vie.

« Le siège de la maison a duré dix-sept jours, et l’homme a exécuté sa menace lorsque la police a essayé de prendre d’assaut le bâtiment avec un véhicule blindé.

« Le meurtrier suicidé, André Fourquet, trente-huit ans, avait été malheureux dans son mariage. Sa femme, Micheline, l’avait quitté plusieurs fois pour vivre avec d’autres hommes. Mais en mars, finalement divorcé, les trois enfants furent confiés à la mère.

« Le 1er février dernier, Fourquet a attendu près de la maison où vit son ex-femme jusqu’à ce que ses filles, Chantal et Aline, quatorze et treize ans, et son fils, Francis, onze ans, aillent à l’école, et les a pris pour les ramener dans sa maison.

« Une semaine plus tard, la fille aînée a fui pendant la nuit, atteignant Bordeaux dans la matinée. Les gendarmes furent envoyés sur le site, mais Fourquet les avertit qu’il se tuerait avec les enfants s’ils essayaient d’approcher de la maison.

« Pendant le siège, Fourquet a ouvert le feu sur un policier qui essayait d’approcher, et qui est mort plus tard à l’hôpital. Aux personnes qui ont cherché à servir de médiateurs, Fourquet avait dit que ce qui l’irritait le plus était l’injustice qui lui avait été faite. Sa femme, disait-il, avait toujours mené une vie dissolue, et lorsque le divorce fut prononcé, le juge avait accordé à la mère le droit de garde des enfants.

« Quand les gendarmes, hier matin, sous la protection d’une voiture blindée et avec des gilets pare-balles, se sont lancés à l’assaut de la maison après avoir jeté des bombes lacrymogènes à l’intérieur, ils ont entendu trois coups de feu.

« Les gendarmes ont trouvé les enfants au lit et le père sur le sol, tous morts d’une balle dans la tête.

« Ces nouvelles ont provoqué la consternation dans le pays, et à l’assemblée nationale un député conservateur a demandé au ministère de la justice d’ouvrir une enquête. »


Detroit

Detroit Free Press, vol. 138, nº 289, 18/02/1969, p. 1Le Detroit Free Press (vol. 138, nº 289), le plus grand quotidien de Detroit, ville la plus peuplée du Michigan, publie une compilation de dépêches des agences Associated Press et United Press International à la page 10-A.


Springfield

Springfield Daily News, vol. 79, nº 42, 18/02/1969, p. 1Le Springfield Daily News (vol. 79, nº 42), quotidien édité à Springfield, dans le Missouri, publie une dépêche de l’agence United Press International à la page 5.

Springfield Daily News, vol. 79, nº 42, 18/02/1969, p. 5


Great Falls

Great Falls Tribune, nº 271, 18/02/1969, p. 1La Great Falls Tribune (nº 271), quotidien édité à Great Falls, dans le Montana, reproduit un article du correspondant parisien du New York Times à la une.

Great Falls Tribune, nº 271, 18/02/1969, p. 1


Billings (Montana)

The Billings Gazette, nº 276, 18/02/1969, p. 1The Billings Gazette (nº 276), quotidien édité à Billings, au sud-est de Great Falls, publie une dépêche de l’agence United Press International à la page 8.

The Billings Gazette, nº 276, 18/02/1969, p. W8


Las Vegas

Las Vegas Sun, vol. 19, nº 233, 18/02/1969, p. 1Le Las Vegas Sun (vol. 19, nº 233), quotidien édité à Las Vegas, la plus grande ville du Nevada, publie une dépêche de l’agence United Press International à la page 12.

Las Vegas Sun, vol. 19, nº 233, 18/02/1969, p. 12


Albuquerque

Albuquerque Journal, vol. 359, nº 49, 18/02/1969, p. 1L’Albuquerque Journal (vol. 359, nº 49), le plus grand journal du Nouveau-Mexique, édité à Albuquerque, publie une dépêche de l’agence Associated Press à la page A-14.

Albuquerque Journal, vol. 359, nº 49, 18/02/1969, p. A-14


Rochester

Democrat and Chronicle, 18/02/1969, p. 1Le Democrat and Chronicle, quotidien édité à Rochester, à l’ouest de l’État de New York, publie une dépêche de l’agence Associated Press à la page 7A.

Democrat and Chronicle, 18/02/1969, p. 7A


Elmira

Star-Gazette, vol. 7, nº 15, 17 février 1969, p. 1Au sud-est de Rochester, à Elmira, la Star-Gazette (vol. 7, nº 15) publie une dépêche un peu plus longue de l’agence Associated Press à la page 2.

Star-Gazette, vol. 7, nº 15, 17 février 1969, p. 2


Asheville

The Asheville Citizen, nº 49, 18/02/1969, p. 1The Asheville Citizen (nº 49), principal quotidien d’Asheville, à l’est de la Caroline du Nord, publie une dépêche de l’agence Associated Press à la page 19.

The Asheville Citizen, nº 49, 18/02/1969, p. 19


Hendersonville

The Times-News, vol. 94, nº 41, 18/02/1969, p. 1The Times-News (vol. 94, nº 41), quotidien d’Hendersonville, en Caroline du Nord, publie une dépêche de l’agence United Press International à la page 6.

The Times-News, vol. 94, nº 41, 18/02/1969, p. 6


Findlay

The Republican-Courier, 18/02/1969, p. 1The Republican-Courier, quotidien édité à Findlay, au nord-ouest de l’Ohio, publie une dépêche de l’agence Associated Press au pied de sa une.

The Republican-Courier, 18/02/1969, p. 1


Coshocton

The Coshocton Tribune, vol. 59, nº 163, 18/02/1969, p. 4BThe Coshocton Tribune (vol. 59, nº 163), quotidien édité à Coshocton, à l’est de l’Ohio, publie une dépêche de l’agence United Press International à la page 4-B.

The Coshocton Tribune, vol. 59, nº 163, 18/02/1969, p. 4B


Zanesville

The Times Recorder, nº 9, 18/02/1969, p. 1Toujours dans l’Ohio, à Zanesville, au sud de Coshocton, The Times Recorder (nº 9) publie la même dépêche de l’agence United Press International à la page 2-A.

The Times Recorder, nº 9, 18/02/1969, p. 2-A


Lock Haven

The Express, vol. 87, nº 298, 18/02/1969, p. 1The Express (vol. 87, nº 298), quotidien édité à Lock Haven, au centre de la Pennsylvanie, publie une dépêche de l’agence Associated Press à la page 12.

The Express, vol. 87, nº 298, 18/02/1969, p. 12


Allentown

The Morning Call, nº 25541, 18/02/1969, p. 1The Morning Call (nº 25541), quotidien édité à Allentown, à l’est de la Pennsylvanie, publie une dépêche de l’agence Associated Press à la page 8.

The Morning Call, nº 25541, 18/02/1969, p. 8


Pittsburgh

Pittsburgh Post-Gazette, vol. 42, nº 173, 18/02/1969, p. 1Le Pittsburgh Post-Gazette (vol. 42, nº 173), le plus grand quotidien diffusé à Pittsburgh, au sud-ouest de la Pennsylvanie, publie une dépêche à peu près identique de l’agence Associated Press à la page 2.

Pittsburgh Post-Gazette, vol. 42, nº 173, 18/02/1969, p. 2


Connellsville

The Daily Courier, vol. 67, nº 83, 18/02/1969, p. 1Toujours en Pennsylvanie, à Connellsville, au sud-est de Pittsburgh, The Daily Courier (vol. 67, nº 83) publie une dépêche de l’agence United Press International à la page 9.

The Daily Courier, vol. 67, nº 83, 18/02/1969, p. 9


Abilene

The Abilene Reporter-News, nº 239, 18/02/1969, p. 1The Abilene Reporter-News (nº 239), quotidien édité à Abilene, au Texas, publie une dépêche de l’agence Associated Press à la page 6-B de son édition matinale.

The Abilene Reporter-News, nº 239, 18/02/1969, p. 6-B


Austin

The Austin American, vol. 55, nº 182, 18/02/1969, p. 1The Austin American (vol. 55, nº 182), quotidien édité à Austin, capitale du Texas, publie une longue dépêche de l’agence Associated Press à la page 12.

The Austin American, vol. 55, nº 182, 18/02/1969, p. 12


Salt Lake City

The Salt Lake Tribune, vol. 198, nº 127, 18/02/1969, p. 1The Salt Lake Tribune (vol. 198, nº 127), le plus grand quotidien de Salt Lake City, dans l’Utah, publie une dépêche de l’agence Associated Press à la page 3. La hauteur de colonne ne nous en permet pas la reproduction ici.


Charleston

The Charleston Gazette, 18/02/1969, p. 1The Charleston Gazette, quotidien édité à Charleston, capitale de la Virginie-Occidentale, publie une dépêche de l’agence Associated Press à la page 5.

The Charleston Gazette, 18/02/1969, p. 5


Spokane

The Spokesman-Review, nº 280, 18/02/1969, p. 1The Spokesman-Review (nº 280), quotidien édité à Spokane, dans l’État de Washington, publie une dépêche de l’agence Associated Press à la page 11.


Washington

The Washington Post, quotidien édité à Washington, capitale des États-Unis, publie une dépêche de l’agence Associated Press à la page A3.


Eau Claire

The Eau Claire Leader, vol. LXXXVIII, nº 41, 18/02/1969, p. 1The Eau Claire Leader (vol. LXXXVIII, nº 41), quotidien édité à Eau Claire, dans le Wisconsin, publie une dépêche de l’agence United Press International à la page 8B.

The Eau Claire Leader, vol. LXXXVIII, nº 41, 18/02/1969, p. 8B

 

Revue de presse – Mexique

Torreón

El Siglo de Torreón, nº 352, 18/02/1969, p. 1El Siglo de Torreón (nº 352), le plus important quotidien de Torreón, au nord du Mexique, publie une photographie légendée de Francis et Aline Fourquet diffusée par l’agence United Press International à la une.

Traduction P@ternet

« HIER À BORDEAUX, France. – Francis, onze ans, et Aline, treize ans, ont été tués par leur propre père André Fourquet (trente-huit ans) qui s’est ensuite suicidé alors que la police tentait de sauver les enfants. Fourquet est devenu fou quand il a appris que la garde de leurs enfants était confiée à sa femme. Il a emmené les trois petits dans sa ferme et s’y est barricadé afin que nul ne les lui arrachera ; l’un d’entre eux a réussi à s’échapper et ne restaient plus que Francis et Aline. Il avait averti la police qu’il tuerait les enfants s’ils essayaient de l’arrêter, et il a exécuté sa promesse lorsque la police a voulu l’arrêter – (RADIO-PHOTO UPI pour EL SIGLO). »


Guadalajara

El Informador, nº 18286, 18/02/1969, p. 1El Informador (nº 18286), quotidien édité à Guadalajara, à l’ouest du Mexique, publie deux photographies légendées de l’agence United Press International à la p. 7.

Traduction P@ternet

« BORDEAUX, France, 17 février – Francis, onze ans, et Aline, treize ans, ont été tués aujourd’hui par leur père André Fourquet, trente-huit ans, devenu fou ; il s’est tué ensuite lorsque la police a lancé une attaque contre sa ferme pour essayer de le capturer. Craignant de perdre la garde de leurs enfants au profit de son épouse, Fourquet s’était retranché dans sa maison pendant quinze jours jusqu’à l’issue fatale. (RADIOPHOTO EXCLUSIVE DE L’INTERNATIONAL UNITED PRESSE POUR EL INFORMADOR)

« BORDEAUX, France, 17 février – Quelques gendarmes montent la garde devant la ferme où André Fourquet, trente-huit ans, a tué ses enfants Francis, onze ans, et Aline, treize ans, puis lui-même, au moment où la police essayait de le capturer. Fourquet, retranché dans sa ferme pendant quinze jours, avait tué un policier et menacé de tuer ses enfants si sa femme ne venait pas se suicider devant lui. (RADIOPHOTO EXCLUSIVE DE L’INTERNATIONAL UNITED PRESSE POUR EL INFORMADOR) »

 

Revue de presse – Jamaïque

Kingston

The Daily Gleaner, vol. CXXXV, nº 41, 18/02/1969, p. 1The Daily Gleaner (vol. CXXXV, nº 41), quotidien édité à Kingston, capitale de la Jamaïque, publie une dépêche de l’agence de presse Reuters à la page 17.

 

Revue de presse – Antilles néerlandaises

Curaçao

Amigoe di Curaçao, nº 41, 18/02/1969, p. 1L’Amigoe di Curaçao (nº 41), quotidien catholique néerlandais édité à Curaçao, dans les Antilles néerlandaises, publie une correspondance de Paris à la une.

Amigoe di Curaçao, nº 41, 18/02/1969, p. 1

Traduction P@ternet

« Malaise français après le drame de Cestas

« PARIS. – La fin tragique du siège d’André Fourquet, un conducteur de trente-huit ans qui a abattu deux de ses enfants et lui-même avec un fusil de chasse dans une ferme à Cestas près de Bordeaux après un siège qui a duré seize jours, a immédiatement soulevé en France la question de savoir si la police avait correctement traité l’affaire. La police a déclaré qu’un assaut était le seul moyen qui lui restait après l’échec des tentatives pour amener Fourquet à se rendre. Jusqu’au dernier moment, elle a cru que l’homme épargnerait ses enfants.

« Le sénateur Pierre Marcilhacy a demandé dans une question écrite au ministre de l’Intérieur Marcellin [il s’agit en fait du ministre de la justice René Capitant] de faire savoir qui était responsable de l’ordre de l’assaut qui “a provoqué ou précipité le sort tragique de deux enfants”. Le député centriste Bouquet [sic] a demandé au ministre quelles mesures il comptait prendre pour qu’un tel drame ne puisse se reproduire, et la Ligue française des droits de l’homme a demandé aux autorités “de renseigner exactement l’opinion sur les conditions précises dans lesquelles le drame de Cestas a pu se dérouler”. »

 

Revue de presse – Colombie

Bogotá

El Tiempo, nº 19989, 18/02/1969, p. 1El Tiempo (nº 19989), le grand quotidien national de Bogotá, capitale de la Colombie, publie une photographie de Francis et Aline Fourquet à la une, et une dépêche de l’agence United Press International à la page 10.

Traduction P@ternet

« Un drame horrible

« Francis, onze ans, et Aline, treize ans, ont été tués par leur père, l’ouvrier français André Fourquet, à Bordeaux, en France. Il s’est suicidé après avoir tué ses enfants, lorsque la police a essayé d’entrer dans sa maison, où il s’était retranché quinze jours pour empêcher que les enfants soient confiés à la garde de la mère. – (Page 10a).

« L’ouvrier français tue deux enfants et se suicide

« Après avoir passé quinze jours retranché pour empêcher que les enfants soient confiés à la garde de la mère. Il a tiré lorsque la police a tenté d’entrer.

« Bordeaux, France, 17 février (UPI). Un ouvrier du bâtiment a tué aujourd’hui ses deux enfants puis s’est suicidé alors que la police essayait de le capturer dans la maison rurale où il était retranché depuis quinze jours.

« Les trois décès portent à quatre le nombre total de victimes depuis qu’André Fourquet s’est retranché dans sa maison le 2 février dernier, exigeant que sa femme vienne se tuer à sa porte en échange de la vie de leurs enfants, afin de s’assurer qu’elle n’obtienne jamais leur garde.

« Pendant le sommeil

« Fourquet, cinquante-huit ans [sic], a tué ses deux enfants – Aline, treize ans, et Francis, onze ans – alors qu’ils dormaient dans leur lit et a ensuite retourné son arme contre lui.

« Le garçon est mort lors de son transfert à l’hôpital, son père a succombé peu de temps après et la jeune fille est morte alors que les chirurgiens pratiquaient une opération d’urgence pour tenter de sauver sa vie.

« Mardi dernier, Fourquet avait tué un policier qui était venu trop près de la maison.

« Siège

« Pendant deux semaines, les autorités ont tenté de convaincre l’ouvrier de se rendre, mais elles ont changé de tactique samedi et l’ont averti qu’elles ne fourniraient plus de lait ou de nourriture pour ses enfants.

« Hier, la police a envoyé une voiture blindée avec quatre policiers armés, l’un d’eux équipé d’un fusil à lunette ; le siège a été renforcé aujourd’hui avec deux autres voitures, selon les instructions attribuées aux plus hautes autorités judiciaires.

« Alors qu’ils étaient à 80 mètres de la maison, deux coups de feu ont rompu le silence du matin, et la police a poursuivi sa progression sous le couvert d’un rideau de gaz lacrymogènes.

« Avertissement

« Son ex-femme, employée dans un hôpital de Bordeaux, n’est jamais apparue sur le site de la scène tragique, mais elle avait averti que Fourquet n’hésiterait pas à tuer les enfants, en dépit de l’amour qu’il leur portait.

« La tragédie a déjà suscité une controverse sur la façon dont les autorités ont traité l’affaire.

« La Ligue des droits de l’homme a exigé que le gouvernement fournisse une explication complète sur ce qui s’est passé et un membre de l’Assemblée nationale a demandé par écrit au ministère de la justice qui avait donné à la police l’ordre de lancer l’assaut de la maison. »

 

Revue de presse – Argentine

Santa Fe

El Litoral, nº 16385, 18/02/1969, p. 1El Litoral (nº 16385), quotidien édité à Santa Fe, publie une dépêche de l’agence United Press International à la page 3.

El Litoral, nº 16385, 18/02/1969, p. 3

Traduction P@ternet

« Un homme a provoqué un événement douloureux à Bordeaux

« Il a tué un enfant, blessé un autre, puis s’est ôté la vie en tirant sur lui

« BORDEAUX (France), (UPI) – Un meurtrier armé a tué son fils de onze ans, grièvement blessé d’une balle sa fille de treize ans, puis s’est tué lui-même d’une balle dans la gorge, dans la ferme où il était assiégé par la police depuis deux semaines.

« L’infanticide et suicidaire, nommé André Fourquet, a pris cette décision désespérée quand les autorités ont pris des mesures pour mettre fin à sa résistance. Son fils, Francis, est mort à la suite du coup qu’il a reçu et Aline, sa fille, est très gravement blessée.

« La police avait introduit des gaz lacrymogènes par la cheminée de la maison où Fourquet s’était barricadé le 2 février, et avait des véhicules blindés avec des fusils-mitrailleurs pour mettre fin au siège.

« Fourquet, contremaître de construction, avait juré de tuer les enfants si la police décidait de donner l’assaut à la maison. Auparavant, il avait dit qu’il libérerait les deux enfants et se rendrait si son ex-femme se suicidait dans la maison.

« Hier matin, les gendarmes se sont rendus à la maison dans deux fourgons, mais en approchant ils ont entendu trois coups de feu. La police a lancé des gaz lacrymogènes à l’intérieur, puis a donné l’assaut, trouvant les enfants saignant copieusement et le père inconscient et gémissant. Les décès sont survenus ensuite.

« Fourquet avait dit à des journalistes qu’il n’avait pas mangé depuis mercredi dernier, sauf un peu de lait que la police avait apporté pour les enfants, et que son intention première était de veiller à ce que lui soit confiée la garde des enfants ; quand la police avait convenu de les envoyer dans une institution, il avait hésité.

« Les policiers étaient équipés de gilets pare-balles, de mitrailleuses et de fusils à lunette. Quand un policier lui demanda par mégaphone de se rendre, Fourquet répliqua : “Jamais, plutôt mourir” ; l’agent répondit : “S’il ne se rend pas, nous donnerons l’assaut à la maison, aujourd’hui, dans dix jours ou dans un mois.”

« Selon des journalistes, Fourquet avait de l’essence dans la maison afin d’y mettre le feu si la police voulait y pénétrer. »

 

Revue de presse – Brésil

São Paulo

Folha de S. Paulo, nº 14492, 18/02/1969, p. 1La Folha de S. Paulo (nº 14492), quotidien édité à São Paulo, publie une dépêche de l’Agence France-Presse à la page 14.

Traduction P@ternet

« IL A TUÉ DEUX ENFANTS ET S’EST SUICIDÉ

« CESTAS (FRANCE), 17 février (AFPFOLHA) – Le siège de l’homme qui s’était retranché il y a deux semaines avec ses deux enfants dans une ferme s’est tragiquement terminé ce matin, lorsque l’assiégé s’est suicidé après avoir tué les enfants.

« La tragédie a provoqué quatre morts : un gendarme tué mardi dernier par le protagoniste, l’homme qui s’est suicidé et deux de ses enfants, âgés de onze et treize ans.

« La police avait lancé hier un ultimatum à André Fourquet, trente-huit ans, qui s’était retranché dans la ferme avec ses trois enfants pendant plus de quinze jours parce qu’il voulait que sa femme, dont il était divorcé, retourne à la maison. Il voulait également que le tribunal retire à celle-ci la garde des enfants.

« La fille aînée, Chantal, quatorze ans, a réussi à s’échapper de la ferme fortifiée au bout d’une semaine et a donné l’alarme. La police est venue le lendemain mais Fourquet, terriblement excité, a commencé à tirer sur quiconque essayait d’approcher la ferme, tuant à plus de 150 mètres un policier qui approchait.

« À partir de ce moment, le siège a été organisé et des négociations ont été menées pour convaincre Fourquet de se rendre.

« Hier, la police a lancé un ultimatum mais l’assiégé a répondu qu’il se tuerait avec ses deux enfants si un assaut était tenté. La police a déclaré que l’on ne pouvait plus tergiverser et les gendarmes ont décidé ce matin d’abandonner les négociations pour la force.

« La police a utilisé dans son action trois véhicules blindés pour se protéger. Avant que les gendarmes n’arrivent, ils ont entendu plusieurs coups de feu. Lorsqu’ils sont entrés dans la maison, les deux enfants étaient couchés dans leurs lits et leur père à côté d’eux avec des balles dans la tête, dans une mare de sang.

« André Fourquet et le garçon de onze ans sont morts pendant leur transport à un hôpital de Bordeaux. Sérieusement blessée, la jeune fille est décédée à l’hôpital alors qu’une opération était tentée.

« La police a déclaré qu’elle n’avait pas tiré lors de l’attaque, et que seules des bombes de gaz lacrymogène avaient été utilisées.

« Depuis le début du siège, beaucoup de gens sont intervenus pour tenter d’éviter la catastrophe.

« L’ex-femme de Fourquet avait déclaré qu’elle n’avait pas du tout l’intention de retourner à son domicile, convaincue que Fourquet la tuerait.

« Un journaliste a pu interviewer Fourquet hier, qui lui a dit que “la justice était responsable de tout”. »

 

Revue de presse – Australie

Melbourne

The Age, 18/02/1969, p. 1The Age, quotidien édité à Melbourne, publie une compilation de dépêches des agences Australian Associated Press et Reuters à la page 5.

The Age, 18/02/1969, p. 5


Canberra

The Canberra Times, vol. 43, nº 12238, 18/02/1969, p. 1The Canberra Times (vol. 43, nº 12238), quotidien édité à Canberra, capitale de l’Australie, publie également une compilation de dépêches des agences Australian Associated Press et Reuters à la page 5. La mauvaise qualité de l’exemplaire numérisé en notre possession ne nous en permet pas la reproduction ici.


Sydney

The Sydney Morning Herald, nº 40927, 18/02/1969, p. 1The Sydney Morning Herald (nº 40927), très important quotidien australien édité à Sydney, publie un texte composite à la une, mêlant correspondance parisienne de Richard Breeze et dépêches des agences Australian Associated Press et Reuters.

The Sydney Morning Herald, nº 40927, 18/02/1969, p. 1

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