Revue de presse du 24 avril 2021

Revue de presse

  • « Italie », Famille chrétienne, nº 2258, 24 avril 2021, p. 8.

Famille chrétienne, nº 2258, 24 avril 2021, p. 8



Conçue pour des couples dont l’homme produit un faible nombre de spermatozoïdes, l’utilisation de la technique de l’injection intracytoplasmique de spermatozoïde a considérablement augmenté dans le monde, principalement chez les couples atteints d’infertilité non masculine. C’est même désormais la principale méthode de fécondation in vitro utilisée par les cliniques en Australie et en Nouvelle-Zélande, même lorsque le nombre de spermatozoïdes est normal : 60 % des cycles y ont fait appel en 2018 en Australie (le taux varie entre 34 % et 89 % selon les cliniques du pays), alors que seulement 30 % des couples infertiles présentaient une infertilité masculine et 15 % une infertilité masculine sévère. Le recours à l’injection intracytoplasmique de spermatozoïde est passé de 15 % à 67 % entre 1996 et 2012 aux États-Unis pour les couples en parcours de procréation médicalement assistée dont l’homme a un nombre normal de spermatozoïdes. Environ 70 % des cycles mettent en œuvre une injection intracytoplasmique de spermatozoïde en Europe.

Les fécondations in vitro sont très majoritairement pratiquées dans le secteur privé en Australie et en Nouvelle-Zélande. Les coûts varient d’une clinique à l’autre, mais l’injection intracytoplasmique de spermatozoïde est environ 500 dollars australiens – soit environ 320 euros – plus chère que la fécondation in vitro conventionnelle, de sorte que les cliniques et les médecins se font concurrence pour attirer les patients en proposant souvent des thérapies non éprouvées.

Il existe en effet peu de preuves issues d’essais randomisés soutenant l’utilisation de la technique de l’injection intracytoplasmique de spermatozoïde par rapport à la fécondation in vitro conventionnelle. Les auteurs de l’étude publiée aujourd’hui par The Lancet ont cherché à déterminer si l’injection intracytoplasmique de spermatozoïde entraîne un taux de naissances vivantes plus élevé que la fécondation in vitro conventionnelle.

La recherche a été menée dans deux centres de fécondation in vitro à Ho Chi Minh-Ville, au Vietnam. Les couples étudiés étaient âgés d’au moins dix-huit ans et le nombre ainsi que la motilité progressive des spermatozoïdes du conjoint masculin étaient normaux sur la base des critères de l’Organisation mondiale de la santé. Les couples devaient avoir subi au moins deux tentatives antérieures de fécondation in vitro conventionnelle ou d’injection intracytoplasmique de spermatozoïde, utilisé un protocole antagoniste pour la stimulation ovarienne et accepté de transférer deux embryons ou moins. 1 064 couples ont été assignés au hasard entre le 16 mars 2018 et le 12 août 2019 pour subir soit une fécondation in vitro conventionnelle, soit une injection intracytoplasmique de spermatozoïde. Une naissance vivante après le premier transfert d’embryon du cycle initié s’est produite chez 166 (31 %) des 532 couples assignés au hasard à la fécondation in vitro conventionnelle et chez 184 (35 %) des 532 couples assignés au hasard à l’injection intracytoplasmique de spermatozoïde. 34 couples (6 %) dans le groupe assigné à la fécondation in vitro conventionnelle et 29 couples (5 %) dans le groupe assigné à l’injection intracytoplasmique de spermatozoïde ont connu un échec de fécondation.

La technique coûteuse de l’injection intracytoplasmique de spermatozoïde n’a donc pas amélioré de manière significative le taux de naissance vivante par rapport à la fécondation in vitro conventionnelle. Ces résultats remettent en question la valeur de son utilisation systématique dans les techniques de reproduction assistée pour la population étudiée (présence d’un nombre normal de spermatozoïdes).


  • Frémont (Laurent), Longraye (Clémence, de), Pruvot (Samuel), « Pouvoir mourir entouré des siens », Famille chrétienne, nº 2258, 24 avril 2021, pp. 14-15.

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