Revue de presse du 2 mars 2020

Revue de presse





  • Boumediene (Anissa), « Silence sur la souffrance des mères », 20 minutes, nº 3522, 2 mars 2020, p. 8.


  • Cordier (Solène), « Le poste de maire, parent pauvre de la parité », Le Monde, nº 23373, 3 mars 2020, p. 9.

Le Monde, nº 23373, 3 mars 2020, p. 9




Rapport annuel sur l’état des lieux du sexisme en France en 2019Le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes a rendu public aujourd’hui son deuxième état des lieux du sexisme en France, obligation annuelle prescrite par l’article 181 de la loi du 27 janvier 2017 relative à l’égalité et la citoyenneté.

L’année féministe 2019 a été marquée par l’ampleur des mouvements #MeToo et #BalanceTonPorc sur les réseaux sociaux, les révélations opportunes de violences sexuelles dans les milieux de la culture et du sport, ainsi que la tenue du Grenelle contre les violences conjugales en septembre dernier. Cette ambiance méphitique a entraîné une hausse de 46 % des plaintes pour harcèlement sexuel en 2019 et, selon cet état des lieux, 99 % des femmes prétendent avoir été victimes de sexisme l’année dernière. Les mis en cause pour des crimes et délits à caractère sexiste sont très majoritairement des hommes (91 %), tandis que 87 % des victimes sont des femmes.

Le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes a investigué plus particulièrement trois domaines de la vie publique – le monde du travail, les médias et la vie politique – afin d’y identifier les manifestations de sexisme, examiner la tolérance sociale à leur égard et faire des préconisations.

En amont du monde du travail, les grandes écoles seraient des sortes de bastions « virilistes », dans lesquels le sexisme fonctionnerait comme rite intégrateur. Une grande tolérance sociale au sexisme régnerait dans les entreprises : selon cet état des lieux, 60 % des Européennes prétendent avoir été victimes d’au moins une forme de violence sexiste ou sexuelle au cours de leur carrière et près de 80 % des Françaises prétendent qu’elles sont régulièrement confrontées à des attitudes ou décisions sexistes dans l’entreprise. L’état des lieux dénonce l’absence de formations, notamment de l’inspection du travail, et le manque de sanctions prises par les employeurs à l’encontre des auteurs d’actes sexistes.

L’image des femmes serait toujours décalée dans les médias par rapport à la réalité. La part des femmes à la télévision était ainsi de 42 % en 2019, mais seulement 29 % aux heures de grande écoute (21 heures à 23 heures). L’état des lieux déplore le faible nombre de femmes expertes ou invitées sur les plateaux télévisés. Les assignations aux rôles sociaux et aux tâches diverses, ainsi que les traits de caractère, seraient stéréotypés dans les émissions de divertissement, notamment de téléréalité. Le dénigrement et la disqualification des femmes seraient omniprésents, de même qu’une hypersexualisation sans lien avec le sujet traité.

Malgré le renforcement législatif en matière de parité, le pouvoir politique reste très majoritairement masculin, notamment aux élections municipales et intercommunales où les femmes sont encore sous-représentées : 84 % des maires et 92 % des présidents d’intercommunalité sont des hommes. Le milieu politique demeurerait donc un bastion majeur du sexisme et fonctionnerait comme une chasse-gardée des hommes : les femmes y seraient considérées comme des intruses, confrontées à des violences sexistes et sexuelles, sujettes à des comportements paternalistes, des disqualifications et incivilités de toutes sortes.

Face à ces constats, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes formule trente-deux recommandations, parmi lesquelles :

  • dans le monde du travail, intégrer le thème des violences sexistes et sexuelles dans la négociation collective obligatoire sur l’égalité professionnelle et renforcer les exigences en matière d’évaluation, de formation et de transparence, notamment sur la nature et le nombre des sanctions prises par les employeurs ;
  • dans les médias, inscrire dans le futur projet de loi sur l’audiovisuel un renforcement du rôle du Conseil supérieur de l’audiovisuel afin d’assurer une meilleure image et représentation des femmes dans les médias et d’imposer à chaque chaîne de télévision de faire progresser chaque année la présence des femmes à l’antenne par heure d’audience et type de vecteur, tout en faisant diminuer les stéréotypes dans leurs programmes, ainsi qu’une disposition permettant une régulation des contenus sur les plateformes numériques ;
  • dans la vie politique, instaurer des règles paritaires pour les communes de moins de mille habitants, les exécutifs locaux et intercommunaux, les postes de vice-présidences des assemblées parlementaires ainsi que pour le rapport des projets et propositions de loi. Le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes propose aussi d’instaurer une peine d’inéligibilité pour les élus condamnés pour violences sexistes ou sexuelles.

Le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes demande par ailleurs aux pouvoirs publics de financer une vaste enquête annuelle d’opinion sur ces questions afin d’alimenter ses prochains rapports annuels sur le sexisme en France…



Plusieurs pays européens connaissent un risque élevé de dissolution familiale ainsi que des taux de chômage élevés depuis les années 70, mais on ne sait pas encore dans quelle mesure les conditions économiques défavorables sont liées à l’instabilité familiale. Cette étude a exploré la relation entre le chômage – tant global qu’individuel – et le risque de dissolution familiale dans cinq pays européens avant la récente crise économique. Utilisant de riches données longitudinales provenant d’Allemagne, de Belgique, de Finlande, de France et d’Italie, l’analyse empirique montre que le chômage masculin augmente systématiquement le risque de dissolution familiale. Les résultats pour le chômage féminin sont mitigés mais l’ampleur de l’impact du chômage féminin est plus faible que celle du chômage masculin. Le chômage féminin n’est pas significativement lié à la dissolution familiale en Allemagne et en Italie, où, jusqu’à très récemment, le travail était moins compatible avec la vie familiale que dans d’autres pays.

Cédric Plessis

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